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Le nihilisme gris contemporain

mars/avril 2014

#Divers

Nous ne sommes plus aujourd’hui dans le nihilisme barbare, sauvage, du xxe siècle, mais dans un nihilisme soft. On ne veut pas le néant, mais on ne sait pas bien ce que l’on veut ; alors, on veut ce que les autres veulent. Le nihilisme contemporain est conformiste et hédoniste : on se laisse déterminer par la volonté des autres ou par son propre plaisir.

On peut aborder le nihilisme sous trois angles. Le premier est l’angle historique et culturel. On considère les diverses attitudes et conduites qualifiées de « nihilistes » durant une période qui s’étend sur un peu moins d’un siècle, entre 1850 et 1950. Mépris des valeurs établies, apologies de la destruction et de la mort, refus des lois et éloge de l’arbitraire juridique, haine et destruction de « l’ennemi », guerres, massacres et exterminations : telles sont les manifestations historiques de ce nihilisme qu’on peut indexer sur le titre d’un ouvrage de Peter Gay, la Culture de la haine1. Cette approche correspond à la zone de pertinence du terme « nihilisme » vulgarisé, rappelons-le, par Tourgueniev en 1862 dans Pères et fils et par les catéchismes terroristes des anarchistes russes, puis théorisé dans un ouvrage comme Mein Kampf et mis en

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