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Politique du bulldozer

octobre 2016

#Divers

Depuis l’hiver dernier, le promeneur parisien voit de plus en plus de personnes dormir dehors, à même le sol. Il est minuit et des pieds de tout petits enfants roms dépassent du tas de sacs de couchage, sous le viol des regards. Sont-ils en augmentation1 ? Pour­quoi ce sentiment que leur façon d’occuper le sol a changé ? Plus de solitude, comme si autour d’eux le groupe de proches avait fondu, et moins de prévision, comme si le premier recoin trouvé suffisait à l’installation. On sait, par l’association Morts de la rue, que les enfants qui meurent dans les rues de notre ville sont de plus en plus des enfants roms. Quand les parents ne peuvent pas consoler les enfants qui ont trop froid, quand l’eau trempe le duvet des malades, quand un accouchement commence sous la tente, les exilés et les Roms, distingués par les professionnels du care, sont ensemble dans un même merdier nocturne.

En 2015, l’ambiance de mes promenades parisiennes a changé. J’ai rencontré sur le pavé, avant d’en lire le récit dans la presse, les trois cents tentes bleues réparties en trois sous-campements du quai d’Austerlitz – entre mai et septembre 2015, environ quatre cents personnes venues d’Érythrée, du Soudan, d

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par NAHOUM-GRAPPE Véronique


Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue et ethnologue. Elle a travaillé sur la violence, les rapports entre les sexes, la dépendance (notamment l'alcool, voir son livre Vertiges de l'ivresse. Alcool et lien social, Descartes et Cie, 2010). Tout en s'intéressant aux lieux de violence et de privation de liberté (camps de réfugiés en ex-Yougoslavie, prisons...),...

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