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Tuer tout le monde ou mourir de colère ?

mars/avril 2016

#Divers

Les figures de protestations solitaires contre un ennemi global, tout comme les grandes manifestations collectives, nous invitent à interroger le rêve de vengeance dans nos sociétés contemporaines.

Comment la colère devient-elle politique ? Comment penser les liens entre un premier moment de rage plus ou moins solitaire dans l’espace privé jusqu’à sa manifestation plus ou moins collective dans l’espace public ? Comment poser cette question du point de vue de l’ethnologie du présent de nos sociétés1 ?

Protestations solitaires

Concepcion Picciotto est morte à l’âge de 80 ans en janvier 2016 dans un centre venant en aide aux femmes sans abri, au terme de la manifestation la plus longue de l’histoire américaine. Née en Espagne, elle avait planté sa tente, dans les années 1980, en face de la Maison-Blanche, en protestation contre les bombes nucléaires et les guerres. Décrite parfois comme devenue « un peu folle », il semble qu’elle ait eu néanmoins assez de raison pour tenir. Cette femme de conviction était connue sous le nom de « Connie

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par NAHOUM-GRAPPE Véronique


Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue et ethnologue. Elle a travaillé sur la violence, les rapports entre les sexes, la dépendance (notamment l'alcool, voir son livre Vertiges de l'ivresse. Alcool et lien social, Descartes et Cie, 2010). Tout en s'intéressant aux lieux de violence et de privation de liberté (camps de réfugiés en ex-Yougoslavie, prisons...),...

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