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Picasso. Baigneuses et baigneurs

Musée des beaux-arts de Lyon

décembre 2020

Par la précision de son thème, cette exposition Picasso offre une coupe transversale de l’œuvre du peintre. Elle montre la façon dont la sensibilité cubiste a révolutionné la représentation des corps.

S’il est un sujet qui traverse comme un leitmotiv l’œuvre de Picasso, c’est bien celui des scènes de bains. Peut-être parce que, dans l’exposition des corps dénudés sur fond d’éternels paysages, simplifiés à l’extrême, de bords de mer, elles s’affranchissent de toute temporalité, de toute histoire, pour donner à voir, épurée, la chair dans sa relation quasi élémentaire, intime, à un espace archaïque, à un monde terraqué – constitué, donc, de terre et d’eau, d’ocre et de bleu, où l’iode, le sel et le minéral investissent jusqu’en leurs tréfonds les êtres pour les transmuer tels que les voit ou les pressent l’artiste.

Au fil de décennies de création, ces êtres de plage et de grève vont s’affranchir de leurs attributs humains pour n’être plus que lignes et volumes, résultats de métamorphoses où les baigneuses (et les baigneurs à un moindre degré), en tant que sujet traditionnel inspiré par la littérature tant mythologique que biblique – faut-il rappeler les innombrables Diane au bain, de Clouet à Watteau, en passant par Boucher, Coypel, les Suzanne surprise par les vieillards, les nymphes, et toutes les baigneuses du xixe siècle, de Manet, de Delacroix, de Boudin, de Renoir ? –, développent, perçus selon plusieurs points de vue, leurs avatars difformes et monstrueux, où s’exprime une féminité dérogeant à tous les canons de la beauté stéréotypée des corps de femmes au profit de formes bien plus anciennes, comme

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Paloma Hermine Hidalgo

Paloma Hermine Hidalgo poursuit des études de littérature, de philosophie et de linguistique à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm et à l’université Sorbonne Nouvelle. Elle consacre deux mémoires, respectivement, aux Éditions de Minuit, puis à la différence sexuelle et aux « fantasmes de l’universel » au XVIIe siècle. Après un échange à La Fémis, elle est diplômée de HEC Paris, où elle…

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