Dans le même numéro

Picasso. Baigneuses et baigneurs

Musée des beaux-arts de Lyon

décembre 2020

Par la précision de son thème, cette exposition Picasso offre une coupe transversale de l’œuvre du peintre. Elle montre la façon dont la sensibilité cubiste a révolutionné la représentation des corps.

S’il est un sujet qui traverse comme un leitmotiv l’œuvre de Picasso, c’est bien celui des scènes de bains. Peut-être parce que, dans l’exposition des corps dénudés sur fond d’éternels paysages, simplifiés à l’extrême, de bords de mer, elles s’affranchissent de toute temporalité, de toute histoire, pour donner à voir, épurée, la chair dans sa relation quasi élémentaire, intime, à un espace archaïque, à un monde terraqué – constitué, donc, de terre et d’eau, d’ocre et de bleu, où l’iode, le sel et le minéral investissent jusqu’en leurs tréfonds les êtres pour les transmuer tels que les voit ou les pressent l’artiste.

Au fil de décennies de création, ces êtres de plage et de grève vont s’affranchir de leurs attributs humains pour n’être plus que lignes et volumes, résultats de métamorphoses où les baigneuses (et les baigneurs à un moindre degré), en tant que sujet traditionnel inspiré par la littérature tant mythologique que biblique – faut-il rappeler les innombrables Diane au bain, de Clouet à Watteau, en passant par Boucher, Coypel, les Suzanne surprise par les vieillards, les nymphes, et toutes les baigne

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Paloma Hidalgo

Paloma Hidalgo étudie la littérature, la philosophie et la linguistique à l’École normale supérieure de Paris-Ulm, le management à HEC et, brièvement, la production à La Fémis. Elle devient journaliste à dix-huit ans. Critique d’art et critique littéraire pendant des années pour Le Monde et Art Press, elle fait ensuite un passage au Times, et écrit pour The Times Literary Supplement. Elle…

Dans le même numéro

Source d’inquiétude autant que de fascination, la Chine continue de représenter une énigme. Le socialisme « aux couleurs de la Chine » conjugue en effet un capitalisme sauvage avec un pouvoir centralisé dans une synthèse politique inédite. Le dossier explore le nouveau souverainisme, le pouvoir numérique, le rapport aux minorités et la gestion de l’épidémie. À lire aussi : projet de danger perpétuel, du fanatisme à la radicalité, la dissidence discrète de Marc Fumaroli, pour une philosophie de la préhistoire et la controverse Kundera.