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L'École de Francfort et la nostalgie d'un Tout Autre. Entretien

janvier 2017

#Divers

Pouvez-vous redire d’abord ce qui mobilisa les philosophes de l’École de Francfort, ce qui explique le sentiment d’urgence qui les étreint, cette forme de pessimisme aussi, voire d’amertume, qui enveloppe la philosophie de ses principaux représentants, Theodor Adorno et Max Horkheimer ?

Il y a chez eux un sentiment d’impasse profonde de la modernité. Les fortes promesses de la Raison du temps des Lumières, non seulement ne se sont pas réalisées, mais ont connu des échecs dramatiques, auxquels ces auteurs sont très sensibles. Le communisme et son destin en sont la meilleure illustration. Quant au nazisme, c’est une perversion radicale1. Pourquoi ce désastre ? Une « dialectique » interne habite, selon eux, la Raison moderne, une raison de maîtrise, qui fait qu’elle se mue en fin de compte en son contraire2. Il leur semble légitime de parler d’un « enfer de l’immanence ». Comment en sortir, dès lors que la Raison des Lumières, objet de grandes attentes, semble incapable de faire son travail, qui est à la fois d’éclairer et de réaliser le Vrai ? Il ne faut pas oublier que Kafka est pour tous ces auteurs (Benjamin, Scholem,

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