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La fécondité du dualisme de la religion et de l'État (entretien)

L’histoire de l’Europe, qui a permis de distinguer les « deux cités », spirituelle et temporelle, peut-elle encore irriguer le rapport des religions au politique ou entre-t-on dans un monde où une double allégeance devient inconcevable ?

Esprit – Dans votre livre récemment traduit en français, Christianisme et monde moderne, une des « leçons » que vous retenez d’études très diverses sur le catholicisme après le concile de Trente et sur ses rapports avec la société, est celle d’un « dualisme » ou d’une « dualité » féconde entre christianisme (incarné par l’Église) et monde moderne (représenté par l’État). Ce dualisme semble s’effacer au profit d’un « monisme » qui, selon vous, à la fois se plie aux impératifs de la mondialisation, de la progression des technologies, à l’uniformisation médiatique et souffre de cette unidimensionnalité de la vie qui s’annonce. Pouvez-vous préciser cette distinction ?

Paolo Prodi – Il me semble trop limité et trompeur de confiner le rapport entre christianisme et monde moderne aux seuls siècles de l’ère moderne (de la découv

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