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La colère du juste

mars/avril 2016

#Divers

La colère, sentiment violent qui détruit l’amitié partagée, peut aussi signaler un défaut de justice. Elle devient alors l’auxiliaire d’une norme. Pour Platon et Aristote, la colère prête l’oreille à la raison et engage le citoyen dans la Cité.

On retient de l’Antiquité grecque une image ambiguë concernant le sentiment de colère, dont les philosophes pourraient être en partie responsables. La colère est une affection omniprésente dans l’imaginaire et les discours antiques, et Achille en est la figure privilégiée. L’Iliade, poème de la colère, est souvent lue à travers une histoire qui nous commanderait de maîtriser, sinon d’étouffer cette passion dangereuse, brutale et irrationnelle, et qui plus est antisociale1. De Platon à Sénèque, qui dans son De ira achève le réquisitoire contre le colérique, la pensée antique semble s’accommoder d’une condamnation de la colère au profit du jugement froid de la raison.

Cette image est pourtant un mirage ; loin de condamner unanimement les accès de colère d’un Achille, les philosophes s’efforcent d’en comprendre la nature, les ressorts, la n

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