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Al-Qaida et le nihilisme des jeunes

mars/avril 2014

#Divers

On parle souvent, au sujet des terroristes islamiques, de « nihilisme du croyant ». Bien souvent, ceux qui commettent des attentats suicides ne le font guère pour des raisons théologiques ; ils sont la plupart du temps jeunes, parfois convertis, en quête d’appartenance. Et si finalement ce nihilisme était davantage une question de génération que de religion ?

Comment une religion pourrait-elle être nihiliste ? Si l’on se limite aux grandes religions monothéistes, toutes offrent au contraire un excès de sens, des valeurs supérieures et le réel d’un salut qui donne rétroactivement du sens à la vie, qui sacralise la vie et qui donc interdit le suicide ; mourir pour une cause peut-être, mais être dégoûté du monde que Dieu a créé, c’est autre chose. Doute et angoisse ne sont pas du nihilisme. Annihiler les idoles, voire les païens eux-mêmes, n’est pas en soi du nihilisme : cela peut relever d’un optimisme messianique que l’on retrouve aussi dans le fantasme communiste de la table rase et de l’éradication des ennemis de classe. Le nihilisme, c’est quand l’acte de destruction n’est porteur que de lui-même.

L’attentat suicide

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par Roy Olivier


Philosophe, politologue, spécialiste de l'islam politique. Après avoir travaillé sur la guerre d'Afghanistan en ayant notamment fait plusieurs séjours dans le pays auprès des Moudjahidines, Olivier Roy se concentre sur l'étude des mouvements politiques islamistes, d'abord en Asie centrale, puis au Moyen-Orient, pour ensuite développer une approche...

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