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Après les attentats, la saine colère des victimes

mars/avril 2016

#Divers

L’État peut bien sanctionner les infractions, mais il ne sait pas répondre à la demande de justice des victimes des attentats. Ces dernières cherchent « moins vengeance que récit » pour retrouver leur dignité.

Je suis née pour partager l’amour et non la haine.
Sophocle, Antigone

L’expression de « colère des victimes » prête à équivoque. On y voit souvent une soif de punir dont l’inspiration se trouve dans la vengeance. Son but est de répondre au mal subi par un mal infligé sans délai ni distance. Cette colère est décrite comme démesurée, interminable et illusoire. Tout se passe comme s’il fallait faire « payer » à tout prix l’offense en dédommagement du mal subi. Mais toute colère n’est pas aussi dévastatrice. Il en est de saines et légitimes. Elles réagissent au mépris et restaurent l’image de soi mise à l’épreuve par l’offense. S’y refuser, c’est perdre une chance de retrouver sa dignité. À la différence de la haine vengeresse, cette colère est positive, libère de l’affront, rétablit un équilibre rompu. Saine réaction à la violence injuste,

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