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La révolte des magistrats

mars/avril 2011

#Divers

Dans le monde plutôt conservateur de la magistrature, jamais un mouvement de protestation n’a eu une telle ampleur. Parti de la base et étendu à tout le pays, il a conduit l’immense majorité des juridictions à suspendre les audiences non urgentes au début du mois de février. Cette fois, la vague de fond emporte toutes les professions de justice, des policiers aux agents de probation, du niveau le plus bas aux sommets de la hiérarchie, jusqu’à la Cour de cassation qui a tenu une assemblée générale au moment où, non loin de là, le 9 février dernier, une foule compacte occupait les marches du Palais de justice. Alors qu’il n’en a pas formellement le droit, le Conseil supérieur de la magistrature nouvellement élu vient d’annoncer qu’il va se rendre en mission à Nantes d’où le mouvement est parti. Fait rare, l’opinion publique comprend cette colère puisque ce mouvement recueille 65 % d’opinion favorable (sondage Bva pour le journal 20 minutes). Sans remonter aux frondes parlementaires de la fin de l’Ancien Régime, il y a déjà eu des périodes de grande tension sous la Ve République qui a longtemps cultivé un certain mépris du droit. Mais jamais le divorce n’a semblé aussi profond entre la classe politique et le monde de la justice. Comment comprendre l’ampleur inédite de ce mouvement et l’adh�

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