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Sécurité et justice : y a-t-il un tournant politique ?

décembre 2012

#Divers

Il est difficile d’imaginer, sauf peut-être en 1981, un virage aussi net dans la politique judiciaire que celui qu’amorce la nouvelle garde des Sceaux, Christiane Taubira. Il y a encore quelques mois, au nom de la lutte contre la sécurité, il fallait durcir la justice des mineurs, dissuader les récidivistes par des peines automatiques, punir les malades mentaux criminels, fustiger des juges présumés laxistes, le tout dans un rythme législatif sans précédent (26 lois pénales depuis 2007 !). Le vent néolibéral qui soufflait sur l’État pénal semblait chasser toute préoccupation autre que le rendement dissuasif de la justice, réduite à une « chaîne pénale1 ».

Un changement radical

Depuis l’alternance de mai 2012, le discours politique a changé. François Hollande s’est d’abord engagé à rompre avec plusieurs réformes pénales emblématiques de la présidence de Nicolas Sarkozy (peines planchers, rétention de sûreté) et a promis une loi constitutionnelle pour renforcer l’autonomie du parquet malmenée pendant cinq ans. Mais Christiane Taubira va plus loin. Outre qu’elle porte des dossiers majeurs du changement annoncé (loi sur le harcèleme

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