Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Photo : Galen Crout via Unsplash
Dans le même numéro

L’échec des États face à la mondialisation

décembre 2011

Les États-nations, artisans du développement du capitalisme financier, se trouvent, à la fin du xxe siècle, dans l’impossibilité de contenir ses dérives. La finance échappe au politique, les inégalités se creusent et l’environnement se dégrade. Les États se pensent comme les seuls acteurs légitimes de la scène internationale alors que leur capacité à imposer leur autorité s’est érodée. Écrit au moment de la crise financière asiatique, cet article rappelle que les facteurs de la crise actuelle se sont mis en place depuis plus d’une décennie.

Le système qualifié de « westphalien » est un échec, sur le plan global, humain, et du point de vue de l’économie politique. Ceux d’entre nous qui s’attachent à l’étude des relations internationales devraient donc à l’avenir consacrer leurs réflexions et leurs efforts à la manière dont il pourrait être transformé ou remplacé.

Ce système, pour le définir brièvement, consiste en ce que l’autorité politique réside dans des institutions, appelées États, qui possèdent le monopole de la violence légitime au sein de leurs frontières territoriales. Il repose prétendument sur le contrôle mutuel (qui renvoie à l’idée de non-intervention), mais est également fondé sur la reconnaissance réciproque de la « souveraineté » d’un État si celle-ci vient à être contestée.

On aura beau faire sans cesse référence au « système politique international » ou à la « structure de sécurité1 », le modèle westphalien ne saurait être dissocié de l’économie de marché que les pays européens ont créée et développée à partir du xviie siècle ; il en est même inséparable. Au cours des xviiie, xixe et xxe siècles, les pouvoirs de ces États sur leur société et leur économie se sont accrus en réaction à un sy

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !