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Heidegger et les Cahiers noirs

août/sept. 2014

La publication des Cahiers noirs de Martin Heidegger a relancé le débat autour de l’antisémitisme du philosophe. Si celui-ci est assez évident, reste à déterminer sa nature et ce qu’il signifie pour la philosophie heideggérienne en tant que telle.

Vers la fin des années 1930, peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale, la pensée heideggérienne de l’histoire de l’être s’ouvre à des idées antisémites1. Ce propos, ou ce constat, a soulevé tant d’objections que je voudrais tout d’abord les exposer et les comprendre. Il ne s’agit pas seulement de savoir si la désignation d’« antisémitisme onto-historial » (seinsgeschichtlicher Antisemitismus) est appropriée, mais plus généralement si les propos heideggériens sur la « juiverie internationale2 » peuvent ou même doivent être caractérisés comme « antisémites ».

Avant d’essayer d’expliquer ma thèse concernant l’« antisémitisme onto-historial » chez Heidegger, je voudrais donc me référer à quelques arguments du débat public, pour éclairer au préalable ma perspective concernant les passages que je vais citer. Un élément spécifique de cette perspective me semble avant tout important. Je nommerai cet élément plus tard.

J’évoque tout d’abord quelques objections portées contre l’affirmation selon laquelle il y aurait un antisémitisme chez Heidegger. Il a été dit que le débat, qui a pris parfois une dimension imprévue et imprévisible, ne correspondait pas au fait que, sur environ 1 200 pages, on en trouve à peine une douzaine contenan

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