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Le premier venu, de Jacques Doillon

On entre dans le film comme par effraction. Un garçon sort en trombe d’une petite gare, suivi de près par une fille. L’image est blanche et bleue. On ne la voit pas, mais ça sent la mer. Le garçon se retourne violemment : « Bon, maintenant tu reprends le train, tu m’as assez suivi ! Ça m’amuse plus, là – De détruire les gens, ça t’amuse plus ? » Il est tendu, nerveux, incontrôlable. Elle est mouvante, émouvante, obstinée. Ce pourrait être la rencontre, quinze ans plus tard, de Ponette et du petit criminel.

Ponette (1995) racontait l’histoire d’une petite fille de quatre ans (Victoire Thivisol) qui perd sa mère dans un accident et, durant tout le film, refuse obstinément d’accepter cette mort : elle veut revoir sa mère. À la fin, Jacques Doillon ose ce qu’il n’aurait jamais osé autrefois : il rend sa mère à Ponette. Oh, pas pour longtemps ! Juste le temps nécessaire pour qu’elle lui laisse son pull-over rouge et une consigne : « Apprendre à être contente »…

Cette petite fille était si méritante, dit Doillon, confondant dans une même admiration le personnage et

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