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Les lumières du faubourg, d’Aki Kaurismäki

octobre 2006

Filmer au plus près des êtres et des choses, des corps et de la matière, pour tenter de rendre visible l’invisible, c’est ce qu’ont fait, de film en film, des cinéastes comme Carl Dreyer ou Ingmar Bergman, Robert Bresson ou Krzysztof Kieslowski2. D’autres, aujourd’hui, poursuivent cette quête. Les frères Dardenne, par exemple, ou Aki Kaurismäki. Et peu importe le nom que chacun donne à ce qu’il tente de capter : âme, esprit, mystère... « Celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas » cherchent la même chose.

Or, ces derniers mois, sont sortis plusieurs films qui utilisent la même méthode dans un but radicalement opposé. Leurs réalisateurs promènent bien leur caméra le long des chairs et des pierres, mais avec une sorte de complaisance mortifère. Au lieu de faire sourdre la vie de l’inanimé, l’esprit de la matière et de l’homme quelque chose qui le dépasse, ils semblent prendre un plaisir morbide à filmer des corps opaques ou des écorces vides.

Citons trois films : Avida, de Benoît Delépine et Gustave Kervern, Taxidermie, du Hongrois György Pálfi, et Flandr

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