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Looking for Eric, de Ken Loach

juin 2009

#Divers

Trente-huit ans après Family Life, Ken Loach renoue avec la psychanalyse. Family Life (son troisième film, 1971) volait au secours de l’antipsychiatrie. C’était à l’époque où Ronald Laing, psychiatre alors célèbre, tentait, en Angleterre, d’arracher les malades à la violence des électrochocs et à l’abrutissement des neuroleptiques. Il avait réussi à faire acheter par un groupe d’amis deux maisons à Londres. Il y avait installé certains malades pour leur permettre « d’avoir leur paradis », comme il disait, et d’y faire l’apprentissage d’une liberté que la vie leur refusait et qu’ils n’avaient pas la force de conquérir.

Family Life était un film magnifique et terrible, qui aurait pu avoir pour sous-titre : « Comment rendre votre fille folle. » Looking for Eric est une comédie roborative qui frôle parfois le burlesque. Son sous-titre pourrait être : « Comment prendre confiance en soi. » Réponse : « En faisant confiance à ses amis. » Ken Loach y reste fidèle à la thérapie par la parole, mais fait une entorse à ses principes : il ne refuse plus l’aide d’un médicament… à condition que ce soit un joint.

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