Dans le même numéro

Un monde sans colère ? Enquête

mars/avril 2016

#Divers

Enquête auprès de Olivier Abel, Dorian Astor, Hamit Bozarslan, Antoine Garapon, Camille Riquier, Jean Vioulac et Carole Widmaier

À quoi ressemblerait un monde sans colères ? Cette question, nous l’avons posée à plusieurs intellectuels dont certains sont liés de longue date à la revue. C’est le cas d’Olivier Abel, philosophe et théologien, qui consacre une partie de son travail à penser l’éthique de la démocratie. Face au risque d’une société apathique qui ne se scandaliserait de rien, il convoque la figure d’Achille et la réflexion homérique sur la colère qui peuvent encore nous instruire.

Olivier Abel – Impossible de se borner à vouloir toujours brider la colère. La civilité ne suffit pas à faire société. Une société qui refuserait toute expression de la passion, de l’excès, de la haine, serait peut-être une société lisse, sans frottement, mais ce serait finalement une société froide, d’individus solitaires. C’est peut-être ce qui nous arrive : la moindre colère devient folle car elle ne rencontre rien à quoi s’accrocher. On ne saurait avoir de solidarité, de fraternité, de piété, de compassion, d’amour, sans avoir les refus, les haines

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

VIOULAC Jean

ASTOR Dorian

Olivier Abel

Professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie-Montpellier, après avoir enseigné au Tchad et à Istanbul, puis à Paris de 1984 à 2014, où il a créé le Fonds Ricœur. Il a notamment écrit sur la philosophie morale et politique de Calvin, Milton et Bayle et publié récemment Le vertige de l’Europe, Genève, Labor et Fides, 2019.…

Hamit Bozarslan

Directeur d'études à l'Ehess, il est notamment l’auteur de l'Histoire de la Turquie de l'Empire à nos jours (Tallandier, 2015) et de Révolution et état de violence. Moyen-Orient 2011-2015 (Cnrs, 2015). Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. 

Antoine Garapon

Magistrat, juge pour enfants, il a fondé l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice (IHEJ), où il observe les mutations de la place du droit dans nos sociétés. il anime sur France culture une émission consacrée à la pensée juridique, "Le Bien commun". Il a développé sous le même nom une collection d'ouvrages, aux éditions Michalon, qui permettent de présenter des auteurs qui, sans être juristes,…

Camille Riquier

Camille Riquier, agrégé et docteur en philosophie est maître de conférence à l’Institut catholique de Paris, ainsi que Vice-Recteur à la recherche. Il vient de publier Nous ne savons plus croire  (Desclée de Brouwer, 2020). 

Carole Widmaier

Professeure agrégée de philosophie à l’université de Franche-Comté, elle a notamment traduit et édité Hannah Arendt, Qu’est-ce que la politique ? (Seuil,2016).

Dans le même numéro

Pour son numéro double de mars-avril, la revue consacre le dossier central à la question des colères. Coordonné par Michaël Fœssel, cet ensemble original de textes pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice. Également au sommaire de ce numéro, un article de l’historienne Natalie Zemon Davis sur Michel de Certeau, qui reste pour le pape François « le plus grand théologien pour aujourd’hui », ainsi que nos rubriques « À plusieurs voix », « Cultures » et « Librairie ».