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Les équivoques du présentisme

Comment caractériser notre conscience historique ? Notre rapport au temps est pris entre, d’un côté, la dimension libératrice d’un temps qui n’est plus rivé à la répétition des traditions et, de l’autre, la tyrannie de l’instant, la crise des finalités. Avons-nous pour autant perdu un rapport complexe au passé et au futur, que semble indiquer le terme de « présentisme » ?

Dans notre conscience historique se mêlent et s’opposent les visions fatalistes – tout se répète – les visions mélancoliques – une époque s’achève […] – et les visions optimistes – notre présent marque autant un début qu’une fin1

Chronos obsède notre époque. Dans l’extraordinaire profusion de textes contemporains consacrés au temps, il est tout à la fois question d’autonomie et de dépossession, de liberté et de servitude. L’ambivalence y est frappante. D’un côté, on souligne la dimension libératrice d’un temps à soi, d’un temps libéré de l’emprise passéiste des traditions et des religions, échappant sans cesse davantage aux contrôles sociaux, aux contraintes du travail, bref un temps faisant droit l’autonomie et aux aspirations individuelles. De l’autre, loin de la plénitude espérée, notre condit

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