Revue Esprit
Vendredi 5 février 2021

Corruption et malaise démocratique

Arrêté à l'instant où il remettait le pied en Russie après avoir survécu à une tentative d'empoisonnement, Alexeï Navalny a été condamné ce 2 février à deux ans et huit mois d’emprisonnement en colonie pénitentiaire. En réaction, des dizaines de milliers de citoyens russes sont descendus dans les rues, pour manifester leur soutien à l'homme, dont le courage force l'admiration, mais aussi à sa cause, la lutte contre la corruption.

La Russie n’est évidemment pas la seule concernée. L’élection, ce 1er février, à la tête du Congrès national du Brésil, de deux candidats favorables à Jair Bolsonaro, qui le protègeront d’une possible procédure de destitution, doit beaucoup aux financements de travaux dans des circonscriptions bien choisies, voire à l’achat de voix. On se souvient pourtant de l’écœurement des Brésiliens quand éclata l’affaire Petrobras, qui joua un rôle clé dans l’accession de Bolsonaro au pouvoir.

Dans un dossier de 2014 intitulé « La corruption, maladie de la démocratie », nous nous interrogions sur la force mobilisatrice de ce thème dans les sociétés contemporaines. La corruption a partie liée avec l'horizon démocratique, parce qu'elle révèle la fragilité, ou, pire encore, la falsifiabilité de la loi. Partout où la colère populaire éclate contre des dirigeants corrompus, ce n’est pas seulement pour dénoncer les groupes de pression économique : c’est au nom d’une promesse démocratique non tenue.

La rédaction

Navalny : la vie devant soi

Marie Mendras > Lire

Loin de mettre un terme à l’humeur protestataire qui gagne la Russie, l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, à l’été 2020, a plutôt renforcé la position de ce dernier à la tête de l’opposition démocratique à un pouvoir corrompu.

Brésil : (dés)illusions démocratiques

Maxime Rovere > Lire

Jair Bolsonaro n’a rien d’un nouvel « homme fort ». Son projet fut dès le départ de faire reculer l’État partout où il est présent, en utilisant l’argument de la « corruption » – réalité qui gangrène le Brésil – pour livrer les moyens de production aux oligarques, qui possèdent le pays depuis sa fondation.

La peur de l'impuissance démocratique

Antoine Garapon > Lire

La notion de corruption a évolué vers une acception exclusivement économique, refoulant sa dimension politique. Or la corruption est consubstantielle au pouvoir. Elle signale la persistance de la domination derrière les législations de façade, d’un rapport de force prépolitique qui a l’intelligence de maquiller sa brutalité sous les apparences du droit.

Face aux ténèbres. Les écrivains sur les territoires du narcotrafic

Nicolas Léger > Lire

Trois écrivains ont en commun d’inscrire leurs œuvres dans l’économie contemporaine de la drogue : Roberto Bolaño, Don Winslow et Roberto Saviano. Tous montrent comment le pouvoir des cartels est assis sur la connaissance des circuits légaux, la corruption des institutions, l’utilisation experte des méthodes de blanchiment, et la maîtrise des technologies.

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