Revue Esprit
Vendredi 19 février 2021

Le lien entre générations à l’épreuve du virus

Ces derniers mois, l’allongement des files d’attente d’étudiants venus chercher une aide alimentaire a marqué les esprits, tout comme le suicide de plusieurs d’entre eux dans leurs résidences universitaires. L’expression de « génération sacrifiée » a refait son apparition, pour qualifier celle que les mesures de lutte contre l’épidémie privent autant de vie sociale que de perspective d’étude ou d’emploi. Non sans soulever quelques débats : certains n’ont pas hésité à rappeler que la Covid tue d’abord les personnes âgées et que vivre quelques mois difficiles pour protéger leurs aînés est le moins que l’on puisse attendre des plus jeunes. On se souvient pourtant du tollé déclenché au printemps dernier par l’idée de confiner les seuls seniors, pour permettre au reste de la société de reprendre une vie normale.

Qui est véritablement à plaindre et, surtout, à terme, qui « paiera » ?  Cette question n’est pas nouvelle : les débats sur la réforme du système de retraites ou sur la lutte contre le changement climatique la soulèvent également. Mais dans le contexte de la crise sanitaire, elle apparaît particulièrement mal posée. Faut-il vraiment que les générations s’affrontent, parce qu'elles auraient des intérêts irrémédiablement divergents ? Cette lecture économiciste des liens sociaux ne vaut plus; l’épidémie nous aura douloureusement montré que nous avons besoin de nouveaux rapports de reconnaissance et de dons entre générations, qui nous réinscrivent dans le temps long.  

La rédaction

Des jeunes sans bercail

Emmanuel Bodinier > Lire

La précarité de la jeunesse peine à s’imposer comme un enjeu politique. C’est pourtant d’autant plus urgent que la crise de la Covid-19 a frappé de plein fouet une population que l’État a laissée livrée à elle-même.

Le lien entre générations et la dette du temps

Marcel Hénaff > Lire

Dans les sociétés traditionnelles, les classes d’âge se constituent dans une reconnaissance réciproque. Le don en retour se fait en faveur de ceux qui viennent, ce qui permet de transformer le temps en facteur de solidarité. Mais dans les sociétés modernes, marquées par une dette sans fin, la principale instance de marquage des tranches d’âge reste le marché.

Choisir ses morts

Camille Riquier > Lire

L’engorgement des services de réanimation, qui force les responsables de santé à décider à qui allouer leurs ressources limitées, a doublé la crise sanitaire d’une crise morale. N’est-ce pas dans ce genre de situation que l’on est en droit d’attendre une réponse ferme des dirigeants politiques ?

Adolescentes de Sébastien Lifshitz

 

Hacène Belmessous > Lire

Au sortir de ce film, ce sont les propos souvent désabusés des deux adolescentes sur leur monde, le nôtre, qui résonnent. Comment notre société, qui répète à l’envi qu’elle est à l’écoute de ces jeunes, demeure-t-elle aussi sourde à leurs questionnements, leurs colères, leurs désirs et leurs inquiétudes ? 

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