Revue Esprit
Vendredi 19 mars 2021

Nos vies anormales

Un an après le premier confinement de mars 2020, de nouvelles mesures ont été annoncées cette semaine par le gouvernement, pour faire face à ce qui paraît constituer la troisième vague de l’épidémie. Un tiers de la population française est à nouveau confinée, et le couvre-feu est maintenu sur l’ensemble du territoire.

Alors que le démarrage de la campagne de vaccination avait ouvert une brèche pour se projeter dans un « après », nous voici ramenés aux données fondamentales de l’expérience inédite qui s’est ouverte il y a un an : le rétrécissement de notre espace de vie, l’adaptation de l’activité quotidienne aux contraintes de la distance ; mais également la présence accrue de la maladie autour de nous, et une attention renouvelée à la question du « soin ».

L’hôpital, qui occupe une place centrale dans notre système de santé, est de nouveau au cœur des préoccupations et des arbitrages. Le risque de saturation des services de réanimation constitue toujours la boussole de la décision publique. Et c’est une nouvelle fois sur les soignants que le pays compte pour traverser la tempête. Quel est l’avenir de nos institutions de santé ? Comment accorder une plus grande reconnaissance aux professionnels du soin ? Quelle place pour la maladie et la vulnérabilité dans nos sociétés ? Les questions posées par l’irruption du virus sont toujours d’actualité, et appelleront des réponses de long terme, même une fois l’épidémie derrière nous.

La rédaction

Des héros ? La professionnalité dans les métiers du soin

Francis Ginsbourger > Lire

Les exploits des professionnels du soin démontrent ce qui fait la valeur de leur travail : leur capacité à faire face à des situations inattendues par une expérience de coopération au service du public. Une fois l’épidémie passée, il faudra continuer à la soutenir.

Le care et le soin : vers quelle reconnaissance ?

Frédéric Worms > Lire

Dans cet article de 2009, Frédéric Worms invitait à ne pas réduire les notions de care et de soin au « sentiment » ou à la « relation », mais à penser leur institution, normative ou politique. La doctrine du care et du soin doit, de l’intérieur, poser la question morale de la justice, de même que la sociologie du travail ou celle de la médecine posent, elles aussi, la question politique de la justice.

Réapprendre la maladie

Claire Marin > Lire

Nous vivons des vies anormales, que certains connaissent depuis longtemps déjà, au quotidien. Le confinement, la restriction des espaces et des contacts, l’anticipation du pire avant chaque changement... sont bien la manière prudente et inquiète dont vivent tous ceux que touchent la maladie, le handicap ou les effets du vieillissement. Cette crise est l’occasion d’écouter ce qu’ils ont à nous dire.

Écologie, care et scepticisme. Leave no trace de Debra Granik

Élise Domenach > Lire

Le film de Debra Granik sur un père et sa fille vivant retirés dans une forêt, éclaire l’Amérique des marges. Il montre, dans une esthétique réaliste et poétique, les rapports de soin pour les êtres proches et la nature, la tentation de la fuite, l’inquiétude, l’émancipation et l’espoir d’une Amérique meilleure.

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