Revue Esprit
Vendredi 2 avril 2021

L’école au cœur de la cité

Ces dernières semaines, alors que le gouvernement semblait chercher l’équilibre entre les mesures nécessaires pour endiguer la troisième vague épidémique et la lassitude extrême de la population après un an d’interdictions et de restrictions, la question de l’école s’est retrouvée au centre des débats. Il est vrai que la France s’est distinguée de ses voisins en ne fermant pas les écoles depuis septembre, y compris pendant les périodes de confinement. Et il faut sans doute y voir la marque de notre rapport singulier à l’institution scolaire.

Dans un dossier de 1982 intitulé « Enseigner quand même », Guy Coq et Paul Thibaud rappelaient que l’école française est indissociable d’un projet de citoyenneté idéale : émancipatrice dans l’élan révolutionnaire et sous la IIIe République, creuset de la démocratie et de l’ascension sociale par le savoir après la Seconde Guerre mondiale. Dans une société qui doute d’elle-même, l’école devient la caisse de résonnance de tous ses maux – inégalités, sentiment de délitement de la cohésion sociale – en même temps qu’elle se trouve chargée de les régler. Pour cette raison, fermer les écoles sonne, chez nous plus qu’ailleurs, comme un aveu d’échec.

La crise sanitaire a posé des défis redoutables à l’école, comme à la société dans son ensemble. Reste à savoir si les réponses apportées par la mobilisation des communautés éducatives ouvriront les chantiers de transformation durable dont l’école a besoin. Pour l’heure, le retour de la garde des enfants et de l’école à la maison, qui avaient constitué pour de nombreuses familles l’expérience marquante du premier confinement, nous rappellent la place centrale qu’occupe l’école dans la vie de la cité.

La rédaction

À l'école : que faire après le virus ?

François Dubet, mai 2020 > Lire

Le confinement du printemps 2020 a révélé ce qu’on savait déjà : tous les élèves n’ont pas un ordinateur à disposition, ni des parents capables de les aider. Mais il a aussi confirmé l’inventivité des enseignants et invite à s’interroger, pour l’avenir, sur l’organisation du temps scolaire, les inégalités et le rôle du numérique.

Les passeurs de l’essentiel

Daniel Aquili, Francesco Forlani, Hélène Lacroix, Thibaut Sallenave et Camille Taillefer, septembre 2019
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Dans un numéro consacré au « sens de l’école » en septembre 2019, cinq enseignants interrogent le sens de leur pratique professionnelle et leur regard sur l’école aujourd’hui. Ils rendent compte d’expériences diverses qui témoignent du dynamisme de la vocation chez ces « passeurs de l’essentiel », attachés à leurs élèves, à leur discipline et à l’école de la République.

Enseigner quand même

Guy Coq et Paul Thibaud, nov.-déc. 1982 > Lire

Dans l’introduction à un dossier de 1982 intitulé « Enseigner quand même », Guy Coq et Paul Thibaud rappellent que l’école française, aux différentes périodes de son histoire, a toujours été prise dans des interprétations justifiant son projet et sa fonction dans la vie sociale. Si, comme d’autres services publics, l’enseignement est en crise, c’est qu’il a perdu son projet culturel unificateur.

À l'école des interactions

Maxime Rovère, septembre 2020 > Voir la vidéo

Dans son dernier livre, le philosophe Maxime Rovere nous invite à reconsidérer en profondeur l’acte d’apprendre et à comprendre ce qui anime nos interactions productrices de savoirs.

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