Revue Esprit
Vendredi 25 juin 2021

Participer, mais comment ?

Avec le taux de participation le plus bas de l’histoire de la Ve République, les élections régionales de juin 2021 ont provoqué un choc. Replacées dans le temps long cependant, elles marquent davantage un jalon, sur une trajectoire d’érosion lente et continue du vote depuis la fin des années 1980. Une érosion qui affecte tous les scrutins, à l’exception de l’élection présidentielle, devenue l’arbre qui cache une forêt de la participation électorale de plus en plus clairsemée.

Les raisons de cette abstention croissante sont multiples. C’est pourquoi ni les discours culpabilisateurs à l’endroit des abstentionnistes, ni ceux qui, à l’inverse, accablent le « système » et nos institutions de la responsabilité de cette désaffection ne sont satisfaisants. D’autant moins qu’ils éludent ce qui fait tout le paradoxe de la situation : si les Français se détournent des urnes, ils expriment dans le même temps une demande de participation à la décision publique, sous d’autres formes que le vote. C’est l’un des enseignements de mouvements aussi divers que celui des jeunes pour le climat, ou celui des Gilets jaunes. C’est aussi ce qu’expriment tous ceux qui s’engagent dans différents collectifs, dont l’action est bien de nature politique.

Ces formes non institutionnalisées d’action politique ne sont pas des alternatives au vote, qui maintient vivante la conscience que tous les citoyens sont parties prenantes d’institutions politiques dont ils ont régulièrement à réaffirmer la légitimité. Il faut néanmoins croire à la complémentarité entre le suffrage et les formes non électorales de participation politique, et y travailler : il en va de l’avenir de notre démocratie !

La rédaction

Les habits neufs de la représentation.

Bernard Manin, septembre 2017 > Lire

Dans cet entretien de 2017, Bernard Manin analysait la lente érosion de la « démocratie de partis », qui laisse place à la « démocratie du public ». Cette dernière n’est pas moins conflictuelle ni moins divisée, mais les conflits et les divisions ne cessent de s’y reconfigurer. Les « publics » sont ces regroupements d’individus ou de citoyens qui changent selon les circonstances, qui se redéfinissent au cours du temps et qui participent ou non à l’expression électorale.

De la démocratie en France. En finir avec les faux-semblants

Loïc Blondiaux, avril 2021 > Lire

L’effondrement des institutions et des croyances associées à la démocratie représentative, plus ou moins silencieux ou spectaculaire selon les pays, est à l’œuvre. La démocratie française révèle aujourd’hui des insuffisances structurelles, qui la rendent inapte à affronter les crises écologique, sociale et sanitaire. Face à cette décomposition, il est urgent de prendre à bras-le-corps la question démocratique et de redonner sa place à la délibération.

La ville, fabrique de la démocratie ?

Hacène Belmessous, juin 2021 > Lire

À l’heure où neuf Français sur dix vivent en zone urbaine, la ville est-elle encore un espace politique, ce lieu de délibération démocratique sur la manière de faire société ? Ce dossier, coordonné par Hacène Belmessous, explore quelques-unes des dynamiques contemporaines qui tentent de repolitiser la ville, d’en faire à nouveau un objet de débats et de conflits, nécessaires à la vitalité démocratique.

City Hall, le goût de la démocratie

Victoria Darves-Bornoz, octobre 2020 > Lire

Le film de Frederick Wiseman se présente comme une ode tranquille à la démocratie participative, dans ce qu’elle a de plus laborieux, mais aussi de plus émouvant. À rebours de la politique-spectacle, la parole, dans City Hall, exprime les dissensions que ne manque pas de faire surgir l’ordinaire de la vie d’une communauté. 

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