Revue Esprit
Vendredi 16 juillet 2021

Nos destins biologiques

Le Parlement a définitivement adopté, le 29 juin dernier, le projet de loi de bioéthique. Les débats autour de sa mesure phare, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, ont largement éclipsé d’autres enjeux, portant notamment sur l’utilisation des données génétiques et la recherche sur l’embryon, qui posent aussi d’importantes questions éthiques.

Dans leur diversité apparente, ces sujets interrogent tous l’idée que la dynamique du vivant peut être maîtrisée, voire choisie. Si des mesures telles que la procréation médicalement assistée ou l’euthanasie sont encore sources d’oppositions et de divisions marquées, l’idée selon laquelle la vie biologique ne s’impose plus comme un destin, mais peut être investie comme un projet, fait son chemin dans la société française, comme chez nos voisins.

Dans le même temps, et cela peut sembler paradoxal, la défiance à l’égard de l’institution médicale paraît à son comble, comme en témoignent les débats actuels sur la vaccination. Or, au-delà du caractère excessif de propos qui assimilent l’obligation vaccinale à la dictature, c’est bien dans un désir de maîtrise de ce qui arrive à son corps que se loge le refus du vaccin, dont le bénéfice est pourtant incontestable en termes de santé publique.

Il ne sert à rien de rêver d’un âge d’or où l’on pouvait encore séparer, parmi les fruits du progrès technique, le bon grain de l’ivraie, selon une hiérarchie des valeurs qui s’imposait à tous. La possibilité d’autodétermination de soi fut la grande promesse de notre modernité. Elle porte encore en elle autant d’opportunités que de risques, qu’il nous appartient d’assumer, collectivement et démocratiquement.

Loi de bioéthique, un consensus fragile

François Crémieux, Isabelle Richard, juillet 2020 > Lire

La loi de bioéthique 2020 se situe dans la continuité des précédentes, consacrant un processus original de délibération entre experts, représentants politiques et citoyens. Mais les articles de loi qui ont été le plus commentés jusqu'ici ne sont pas forcément ceux dont les répercussions pour l'avenir sont les plus significatives.

Le réexamen des lois de bioéthique, pour quel monde commun ?

Jean-Philippe Pierron, juillet 2021 > Lire

Le réexamen des lois de bioéthique révèle la réflexivité des sociétés modernes, mais laisse perplexe quant à nos capacités à critiquer et à agir sur un système technique global et normalisé. La dimension politique du corps ouvre quant à elle d’autres perspectives.

Le conflit des médecines

Guillaume Leblanc, mai 2002 > Lire

Le pouvoir sur la vie biologique comme trait distinctif de notre modernité et l’extension de la médecine qui en a résulté, ont fait disparaitre l’évidence de la pratique médicale conçue comme art clinique relationnel. La médecine étant devenue un fait social total, il faut s’interroger sur les nécessaires limitations du pouvoir, tant médical que social, à dire ce qu’est la vie.

Le stéthoscope et la souris : savoirs médicaux et imaginaires numériques du corps

Antonio Casilli, mars-avril 2019 > Lire

L’internet est depuis sa création un lieu de mobilisations et de contestation des pouvoirs. Le pouvoir médical n’y a pas échappé. Dans l'histoire de la relation entre médecins et patients, il faut désormais compter avec les réseaux numériques, entre utopie de la santé parfaite et diffusion incontrôlée des informations médicales.

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