Revue Esprit
Vendredi 24 septembre 2021

Les primaires contre les partis ?

Yannick Jadot et Sandrine Rousseau sont arrivés en tête du premier tour des primaires écologistes, auquel s’étaient inscrits plus de 120 000 votants. On ne sait pas encore si l’exercice aura rempli son objectif initial, qui est de faire émerger un ou une candidate susceptible de gagner l’élection présidentielle. Mais pour l’heure, les écologistes se distinguent des autres forces politiques du fait même d’avoir organisé une primaire, là où les autres s’enlisent dans des débats internes sur la question.

Présentées il y a quelques années comme une voie de réenchantement de la politique, les primaires sont aujourd’hui redoutées des appareils partisans. Le précédent désastreux de 2017, où les deux candidats issus des primaires du Parti socialiste et des Républicains ont été évincés dès le premier tour, a marqué les esprits. Prime au clivage au détriment de la capacité à rassembler, hypermédiatisation, combat de personnalités plus que débat d’idées… les critiques à adresser au principe des primaires sont nombreuses. Mais en France, elles ont surtout eu le défaut de renforcer encore notre dépendance à l’élection présidentielle comme seul horizon de la vie politique, et à la figure de l’homme ou de la femme providentielle qui concentrera tous les pouvoirs pendant cinq ans.

Pour autant, les primaires ne sont pas la cause, mais bien un symptôme – parmi d’autres – de la crise des partis, à laquelle Esprit consacrait son dossier de l’été 2013. On a vu dans les primaires une réponse possible aux différents maux qui frappent l’institution partisane : déclin du militantisme traditionnel, difficulté à produire des idées nouvelles, discrédit des dirigeants politiques. Elles n’y ont pas réussi. Mais elles témoignent que de nouveaux espaces démocratiques se cherchent, sans parvenir encore à se structurer.

La rédaction

Primaires : le candidat introuvable

Matthieu Febvre-Issaly, septembre 2021 > Lire

En réduisant le débat d’idées à des individus, les primaires reproduisent le schéma présidentialiste qui bloque la Ve République dans l’échéance quinquennale. Elles sont aujourd’hui craintes par les partis qui ont peur de voir un candidat mal positionné s’imposer. Mais alors que le jeu politique est plus ouvert que jamais, l’exercice de la primaire peut aider à le dynamiser.

Le mantra des primaires

Michaël Fœssel, février 2016 > Lire

Dans cet article de 2016, Michaël Fœssel estimait qu’après l’adoption du quinquennat, les primaires achèvent de soumettre le temps politique au temps médiatique, les joutes oratoires l’emportant de manière définitive sur la confrontation des projets. La réduction de la politique à un concours entre têtes d’affiches ne peut qu’aggraver le discrédit du politique.

Quels espaces pour la démocratie ?

Jean-Claude Monod, août-septembre 2013 > Lire

La démocratie est toujours associée à l’idée de l’agora, de l’espace clos de la cité dans lequel le peuple délibère, en particulier en période de crise de la représentation, lorsque celle-ci apparaît comme une usurpation. Ce retour à l’agora, cependant, peut se faire aussi bien sur le mode d’une démocratie fermée et xénophobe que sur celui d’une réappropriation concrète de l’espace public : c’est à ces deux mouvements que l’on assiste aujourd’hui.

The Front Runner de Jason Reitman

Louis Andrieu, mars 2019 > Lire

The Front Runner propose le récit de la courte campagne à l’investiture démocrate de Gary Hart, sénateur du Colorado, en 1987. Le film évoque la transformation de la politique outre-Atlantique, ou comment les élus devinrent des people comme les autres, et les médias une force intrusive dans leur vie privée.

 

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