Revue Esprit
Infolettre revue Esprit - Mercredi 30 octobre 2019
Syrie, Moyen-Orient, Europe

Zone d'insécurité

L’accord scellé le 22 octobre à Sotchi entre Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine a mis fin, momentanément du moins, à l’offensive turque dans le Nord-Est de la Syrie. Les Syriens, qu’ils soient arabes ou kurdes, en sont les premières victimes. Sur le terrain, on déplore déjà des centaines de morts, et plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées, tandis que s’aggravent encore les destructions matérielles dans un pays ravagé par huit ans de guerre. Et que dire de l’annonce par la Turquie du transfert prochain d’un million de réfugiés dans la « zone de sécurité » ainsi créée ? Ou de la libération de prisonniers djihadistes, qui risque d’alimenter une résurgence de Daech ? Cette nouvelle étape du conflit en Syrie, déclenchée par le retrait plusieurs fois annoncé puis retardé des troupes américaines, marque encore un pas vers la réinstallation de la dictature de Bachar el Assad avec l'appui de ses soutiens russes, iraniens et turcs. Créé en 2016 à Paris, le Comité Syrie-Europe Après Alep nous rappelle les atrocités dont se sont rendus coupables ces pouvoirs : bombardements d’écoles et d’hôpitaux, déportations, utilisation de l’arme chimique, torture, viols. Crimes de guerre et crimes contre l’humanité, imprescriptibles. Il nous rappelle aussi les attentes de liberté, de justice et de paix qui avaient nourri le soulèvement démocratique en 2011. Peut-on vraiment, en renonçant même à essayer de faire entendre une voix européenne dans les négociations à venir, se résigner à l’impuissance, signant ainsi la défaite stratégique, morale et politique des démocraties face aux nouvelles puissances autoritaires ?

Anne-Lorraine Bujon
Rédactrice en chef

Après le retrait américain de Syrie

La « désoccidentalisation » de la gestion des crises au Moyen-Orient est accélérée par le renoncement des États-Unis à leurs engagements et leurs alliés traditionnels. Les États-Unis délaissent de fait à la Russie le rôle de gendarme de la région. Pour Alexandra de Hoop Scheffer et Martin Quencez, il n’existe plus aujourd’hui de lieu où puisse se tenir une discussion stratégique entre alliés.

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L'Occident fatigué du Moyen-Orient

Dans un numéro consacré aux destins liés de l’Europe et du Moyen-Orient, Hamit Bozarslan explique la fatigue occidentale à l’égard du Moyen-Orient par l’héritage des erreurs stratégiques des années 2000, l’incapacité à comprendre les dynamiques politiques de la région, et les crises internes traversées par des démocraties trop incertaines de leur avenir.

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Le Kurdistan, mirage d'un pays

Dans cet article de décembre 1990, Roxane Eminesco, chercheuse en littérature et histoire, revenait sur l'histoire du combat kurde pour une identité nationale, et le silence des responsables européens face aux massacres et menaces d'anéantissement d'un des peuples les plus anciens de l'Asie occidentale.

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Podcast

La longue nuit syrienne

Rencontre avec Michel Duclos, ancien ambassadeur

« Depuis le soulèvement, de nombreux Syriens ont dû fuir les persécutions du régime ou la guerre civile. Il est impératif que les Européens les accueillent alors que la tentation grandit de les renvoyer dans leur pays sous pretexte que la guerre civile serait terminée. »

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