Revue Esprit
Infolettre revue Esprit - Vendredi 27 décembre 2019
1989, 2009, 2019

Une année de révoltes

Aux quatre coins du monde et dans les endroits où l’on s’y attendait le moins, 2019 a vu des foules se soulever. Pour protester contres des conditions de vie indignes ou des inégalités criantes, contre la perte de libertés civiles et politiques aux mains de gouvernements autoritaires, contre des régimes congelés par des oligarchies corrompues. De ces mouvements de révolte, certains ont été remarquablement pacifiques, comme en Algérie ou au Liban, tandis qu’ailleurs ils tournaient au face à face tendu entre manifestants et forces de l’ordre, comme à Hong Kong, et que d’autres encore donnaient lieu à une répression violente, comme en Irak. Aucun de ces mouvements n’a trouvé de véritable issue pour l’instant, ni permis de transformation politique profonde. Était-ce même ce qu’ils souhaitaient ? L’humeur était d’abord au refus des injustices et au rejet des systèmes en place, remettant à plus tard la formulation de projets alternatifs ou de nouvelles utopies. Partout, pourtant, des hommes et des femmes ont réaffirmé « le pouvoir des sans-pouvoir » célébré par Vaclav Havel dans son essai de 1978, invitant à se souvenir de ce que d’autres révoltes ont rendu possible par le passé. En revenant sur trente ans d’héritage de 1989, il devient toujours plus clair que les événements cette année là n’ont été ni linéaires ni univoques; qu’ils contenaient en germe tout à la fois l’espoir de sociétés plus libres et plus justes et la possibilité d’évolutions inquiétantes comme celle du régime communiste chinois, sans compter les désillusions de la réunification européenne. De ce que nous réserve 2020, nous ne savons rien encore, mais gageons que les sociétés civiles seront porteuses d’autres mouvements inattendus... Et comptez qu’Esprit sera là pour chercher, avec vous, à comprendre le monde qui vient.

Anne-Lorraine Bujon
Rédactrice en chef

L'héritage de la génération 1989 en question

Trente ans après la chute du « rideau de fer », se pose la question de l’héritage de la génération 1989 qui a contribué à faire tomber l’un des pires régimes du XXe siècle.

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1989 ou le sens de l’histoire

Dans son livre 1989, l’année où le monde a basculé, Pierre Grosser livrait une réflexion originale sur l’épaisseur, les enjeux et la portée des événements de 1989, en les replaçant notamment, au-delà de la fin de la guerre froide en Europe, dans une perspective réellement mondiale. Cette année, alors que se préparaient les commémorations de la chute du Mur, le comité de rédaction d’Esprit l’a invité à revisiter le sens que l’on peut donner à 1989.

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Ce qui nous reste de 1989

En 2009 déjà, 1989 se présentait comme un moment de tensions multiples, qui définissait « l’espace d’un problème », comme l'écrit Frédéric Worms dans l’introduction de ce dossier, bien plus qu’il ne prescrivait de solutions. D'emblée, « l’écart entre Berlin et Pékin »  interdit les interprétations téléologiques, tandis que dans la période écoulée depuis, l’instrumentalisation des droits de l’homme comme leur violation répétée, mais aussi l'évidence des crises économique et écologique, invitent à repenser l’exigence de justice, économique et politique, en embrassant la question du vivant.

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Vidéo

La démocratie trahit-elle sa promesse ?

Avec Jean-François Bouthors et Jean-Luc Nancy

« Trente ans après la chute du Mur de Berlin et le démantèlement du Rideau de fer, le compte des rêves alors entretenus sur l'extension mondiale de la démocratie n'y est pas. Bien au contraire, les démocraties sont sur le recul. »

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