Revue Esprit
Infolettre revue Esprit - Vendredi 31 janvier 2020
Violence, Ordre Public, Sécurité

Penser la violence

Les attentats de 2015 ont ouvert en France une période troublée, marquée par un climat de défiance et de colère. Aux attentats ont succédé les mouvements sociaux, et des manifestations ponctuées de destructions, d’affrontements et de heurts. Des agressions de policiers aussi, à leur domicile, sur un pont, à la préfecture de Paris. Devant le malaise grandissant entre la population et la police, les images brutales qui circulent et le décompte des blessés, rien ne sert de contester l’emploi du terme « violences » appliqué aux forces de l’ordre, au motif que celle-ci serait nécessaire et légitime. Pas plus qu’on ne peut renvoyer dos à dos les violences sociales et la brutalité policière, entretenant une logique de confrontation et d’escalade. Tout l’enjeu des sociétés démocratiques est d’institutionnaliser les conflits, précisément pour que la violence physique ne soit jamais une option, comme vient de le rappeler avec force Robert Badinter. Et pour cela, la responsabilité de l’État est engagée au premier chef. Depuis 2017 au moins, le Défenseur des droits alerte sur des stratégies de maintien de l’ordre qui conduisent à des blessures et des mutilations graves, et banalisent les atteintes aux libertés publiques. Le moment est venu de le reconnaître, et d’y remédier, précisément pour ne pas précipiter la société vers toujours plus de violence. Si nous consentons à ce que l’État ait recours à la force pour préserver l’ordre public, c’est pour que puissent s’exercer les droits fondamentaux, pas pour autoriser leur déni. Tout comme la violence, la sécurité est une notion extensive – mais elle n’a pas tous les droits.

Anne-Lorraine Bujon
Rédactrice en chef

Les violences policières en France

L'augmentation des violences policières en France est manifeste, notamment en comparaison avec les bonnes pratiques de la gendarmerie. Cette crise s'explique en partie par la culture insuffisamment démocratique de la police.

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Colères policières

La violence ou la colère policière ne sont-elles pas d’abord le résultat d‘une volonté politique ? Dans cet article de mars-avril 2016, Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS, s’interrogeait sur le jeu des responsabilités derrière les discours syndicaux qui insistent sur la  colère des policiers.

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La sécurité : paradigme pour un monde désenchanté

À traduire toutes nos attentes dans des termes sécuritaires, on risque de ne plus voir dans l’institution politique que la réponse à des inquiétudes diffuses. Dans cet article de 2006, Michaël Fœssel nous invite à nous interroger sur ceux à qui l'on délègue le pouvoir symbolique de dire ce qui nous fait peur, et rappelle que la sécurité est la condition préalable à la démocratie, pas son horizon.

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Vidéo

Les droits de l'homme rendent-ils idiots ?

Avec Jean-Yves Pranchère

« Non, les droits de l'homme ne font pas de nous des malotrus, ni de mauvais citoyens, et ils ne se confondent pas avec le néolibéralisme. »

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