Revue Esprit
Infolettre revue Esprit - Vendredi 27 mars 2020

Le monde à l'épreuve

Durant le confinement, notre infolettre passe à un rythme hebdomadaire, et vous propose d'explorer différentes dimensions de l'événement qui nous saisit avec l'épidémie de coronavirus. Cette semaine, c'est sur son caractère éminemment politique que nous nous arrêtons. Le Covid-19 agit comme un révélateur : il met en évidence à la fois des injustices et des solidarités. Sa dynamique même dépend de facteurs sociaux : la maladie affecte différemment les personnes, mais aussi les catégories sociales. Plus radicalement, l’épidémie est une épreuve politique. Elle apparaît dans un cadre institutionnel donné, notamment les structures hospitalières et les dispositifs de solidarité sociale, et invite à reposer la question démocratique du monde que nous souhaitons construire. C’est pourquoi il importe de pas réduire l’épidémie à sa dimension naturelle : centrées sur la prévention du risque, les politiques de la catastrophe ont tendance à refermer l’avenir. Dans l’épreuve actuelle, la conscience du tragique et la dignité des résistances se disputent le sens d’une humanité fragile.

La rédaction

Le poids des morts. Épidémie et individualisation des mœurs
Hugues Lagrange > Lire

Dans un monde interdépendant, la dynamique épidémique dépend aussi des relations sociales. En particulier, la pression des morts restreint les contacts. Si la solidarité est collective, la vulnérabilité est donc différenciée selon les modes de vie.

Un monde avec la maladie
Aïcha Liviana Messina > Lire

La controverse récente entre Giorgio Agamben et Jean-Luc Nancy révèle que la maladie est un problème politique. L’épidémie de coronavirus invite ainsi à construire un monde commun.

La mesure, seule maîtresse des fléaux. La peste de Camus.
Vincent Duclert > Lire

La genèse du roman d’Albert Camus révèle un glissement depuis le thème de la séparation vers celui de la résistance à la tyrannie. Pour Camus, le « métier d’homme » tire en effet sa dignité de la capacité à faire des sacrifices pour une œuvre collective, selon une morale de la mesure.

La catastrophe est-elle une politique ? 
Michaël Fœssel et Frédéric Worms > Lire

Dans cet entretien réalisé après le tsunami de mars 2011 au Japon, Frédéric Worms explique comment la catastrophe oblige à construire des réponses collectives à la vulnérabilité des personnes, de nos relations et du monde. Mais, pour Michaël Fœssel, les politiques de la catastrophe, parce qu’elles sont d’abord conservatrices, risquent de restreindre l’horizon des possibles.

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