Revue Esprit
Infolettre revue Esprit - Vendredi 5 juin 2020

Les lieux de la reconnaissance

Des personnels soignants demandant que l'on ne se contente pas de les applaudir mais qu'on leur donne davantage de moyens pour travailler, aux manifestants qui, dans le monde entier, réclament aujourd'hui justice pour les victimes de violences policières, un fil commun court : celui d'une demande de reconnaissance. L’œuvre du philosophe et anthropologue Marcel Hénaff, disparu il y a deux ans, peut nous aider à penser ce présent. Esprit lui consacre le dossier de son numéro de juin.

Dans les cérémonies de don des sociétés traditionnelles, Marcel Hénaff voyait une manière pour les groupes sociaux et les individus de se reconnaître réciproquement. Cette reconnaissance publique réciproque est ce qui assure la cohésion sociale, ce par quoi une société apaise les conflits possibles. Dans les sociétés modernes, elle est largement accordée par la loi, ce qui permet de définir le politique comme le lieu où s'institue la reconnaissance. Or la modernité, selon Marcel Hénaff, recouvre deux dévoiements possibles du politique : son instrumentalisation au profit du pouvoir coercitif, et la réduction des institutions publiques à la seule gestion économique. De ce point de vue, une politique ne doit pas être évaluée à l’aune du pouvoir ou de la richesse, mais à celle du gain de dignité qu’elle permet d’apporter.

La rédaction

La sagesse de Marcel Hénaff

Jonathan Chalier > Lire

Inspirée de l’art musical de Lévi-Strauss et de l’éthique de la traduction de Paul Ricœur, la sagesse de Marcel Hénaff, dont nous présentons ici quelques extraits, part de l’anthropologie du don cérémoniel pour développer une politique de la reconnaissance réciproque. Dans les sociétés modernes, cette dernière est assurée par la loi, mais elle est menacée par l’hégémonie de l’économie marchande.

Le don du juste

Gérald Sfez > Lire

Marcel Hénaff a montré que la constitution du lien social est liée au geste à la fois libre et contraint du don cérémoniel. En dialogue avec la philosophie, il a aussi établi sa parenté avec la recherche de la vérité, dont on ne peut jamais se tenir quitte.

Silence de l’image, violence du regard. Sur Georges Didi-Huberman

Éric Marty > Lire

La singularité de Georges Didi-Huberman tient dans la tentative de sauver l’image et le discours de l’image de l’inconsistance. Elle oscille entre le « quand même » de l’image religieuse et le « malgré tout » de l’image de camps d’extermination, entre l’acte et le spectacle.

Les rites de passage ont-ils disparu ?

Julien Clément > Lire la vidéo

« L’enjeu des générations vivantes et de leurs conflits est peut-être à situer dans un processus plus général : le rapport entre les vivants et les morts. L’affaiblissement des rites funéraires est l’un des symptômes de la difficulté à penser le passage des générations. »

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