Revue Esprit
Infolettre revue Esprit - mardi 17 juillet 2018
Migrants, Paul Ricœur, Hospitalité

Frontières de la fraternité

Dans sa décision du 6 juillet dernier, le Conseil constitutionnel a consacré la valeur constitutionnelle du principe de fraternité. Ce dernier doit être articulé de manière équilibrée avec le principe de sauvegarde de l’ordre public dans la législation relative à l’aide aux étrangers, ce qui revient à limiter l’extension du « délit de solidarité ». Mais le principe de fraternité s’arrête aux frontières. Et les étrangers sont mis en « situation irrégulière » par l’État lui-même et les forces de police qui les chassent. Comme le soulignait Paul Ricœur dans son article « La condition d’étranger » (Esprit, mars-avril 2006), « en réservant aux nationaux la jouissance et l’exercice des droits civiques, [le droit français] achève de transformer l’idée nationale en mécanisme d’exclusion à l’égard des étrangers ». Les migrants et les réfugiés qui prennent la parole (Esprit, juillet-août 2016) dénoncent la « guerre des frontières ». Avons-nous donc renoncé à l'hospitalité ? Certaines personnes et associations font cependant preuve de courage et organisent une contre-politique. Le dossier estival de la revue Esprit, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée, affranchie des limites de la seule nationalité. Cela permettrait, pour reprendre les termes de Georges Didi-Huberman dans sa critique du film de Ai Weiwei, de regarder les réfugiés « à hauteur d’homme ».

Jonathan Chalier
Secrétaire de rédaction

Le courage de l'hospitalité

Les flots humains sont durables. Aucun mur ne semble pouvoir les arrêter. Que signifie être hospitalier dans ces conditions ? Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc proposent trois verbes : secourir, accueillir et appartenir, qui tracent un parcours de l’hospitalité.

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Hauteurs de vue

Dans son film Human Flow (2017), Ai Weiwei se penche avec compassion sur le sort des réfugiés. Mais selon Georges Didi-Huberman, l’utilisation de drones et la mise en scène de l’artiste lui-même produisent des clichés qui déshumanisent les réfugiés. Ces derniers sont regardés de haut quand ils voudraient l’être à égalité.

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La condition d'étranger

Pour Paul Ricœur, la faculté d’un État d’accorder la citoyenneté, c’est-à-dire de décider souverainement qui est étranger et qui ne l’est pas, peut être une source d’injustice ou de violence. On peut distinguer diverses figures de l’étranger – le voyageur, l’immigré, le réfugié – et différencier les droits dont il peut se réclamer. Mais cela est-il suffisant au regard d’une exigence éthique de l’hospitalité ?

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Parole aux migrants et aux réfugiés

Face à la guerre des frontières, les réponses politiques oscillent entre le dérisoire et le criminel. Il importe dans ce contexte d’entendre les réfugiés dénoncer les humiliations qu’ils subissent, l’arbitraire des décisions administratives, la présomption de culpabilité dont ils font l’objet, mais aussi réclamer un dépassement des préjugés et une reconnaissance de leurs droits.

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Stanley Cavell, philosophe de l'ordinaire

Philosophe du langage ordinaire, Stanley Cavell s’est éteint le 19 juin 2018 à 91 ans. Son œuvre, traduite en français dans les années 1990, consacre une véritable philosophie à l’américaine. Pour en prendre la mesure, nous présentons un bouquet d’articles.

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