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Infolettre revue Esprit - Vendredi 11 septembre 2020

La culture au tournant

L’été a confirmé ce que nombre d’acteurs de la culture craignaient au sortir du confinement : effondrement de la fréquentation des monuments historiques, spectacles vivants à l’arrêt, salles de cinéma boudées des spectateurs en juillet et août… le secteur de la culture fait partie de ceux qui paient le plus lourd tribut dans la crise sanitaire. 

Aussi violent qu’ait été le choc de l’épidémie, il agit aussi comme un révélateur de phénomènes qui lui préexistaient. Depuis un moment déjà, les institutions culturelles sont confrontées à la mondialisation des marchés culturels, à l'« évènementialisation » croissante ou aux impacts du numérique. Les pratiques culturelles se transforment, remettant parfois en question les prémices de l’idée même de politique culturelle telle que formulée par Malraux, fondée sur un accès démocratique à la culture consacrée. La lecture recule, les publics du cinéma, du théâtre, de la danse et de la musique classique veillissent, la pratique en amateur baisse. À l'inverse, l’écoute de musique en ligne, la fréquentation des contenus numériques et la pratique du jeu vidéo par les plus jeunes sont en constante augmentation.

De ces évolutions on peut aujourd'hui prendre acte, sans pour autant préjuger du pire. Le confinement a suscité une forte demande de culture, et de nombreuses institutions et artistes y ont répondu par des innovations audacieuses : reste que beaucoup d’établissements, beaucoup de créateurs sont à ce jour dans l'impasse. Le monde de la culture est face à un tournant, qui peut être l’occasion d’une réinvention. Celle du rapport aux publics, celle de la médiation vers les œuvres, et celle de ses modalités de soutien et de financement. 

La rédaction

Crise de l’archipel culturel

Françoise Benhamou > Lire

Le confinement a dévasté le monde de la culture, de façon différenciée, en amplifiant les mouvements de mondialisation, de montée de l’événementiel et de numérisation. Et la collection de mesures du gouvernement ne suffit pas à dessiner une politique publique à la hauteur des enjeux.

Menaces sur les petites salles de cinéma

Carole Desbarats > Lire

Pour survivre à une possible baisse de la fréquentation, les petites salles de cinéma devront peut-être s'adresser différemment à leurs spectateurs, en mettant l’accent sur l’animation, l’expérience sociale et l’éducation artistique des jeunes.

Vers un nouveau musée imaginaire

Emmanuel Alloa > Lire

La crise sanitaire a accéléré le passage au numérique des musées, qui n’est pas sans rappeler le projet d’André Malraux d’un « musée imaginaire ». Mais le choix des œuvres par des algorithmes se fait sans réflexion et au détriment de l’expérience sensible.

Après Lang et Malraux, une autre politique culturelle est-elle possible ?

Philippe Urfalino > Lire

Dans un numéro de mai 2004, Philippe Urfalino expliquait comment la « politique culturelle » à la française, apparue en 1959, avait perdu de sa spécificité et de son attrait dans les années 1990, avec le double épuisement de la figure de l’écrivain intellectuel et de celle de l’État modernisateur. Un changement qui n'entrainait pour lui ni nostalgie du passé, ni amertume à l’égard du présent. 

 

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