Revue Esprit
Vendredi 16 octobre 2020

À feu couvert

C’est pour « reprendre le contrôle » face à une accélération de la circulation du virus que le président de la République a annoncé de nouvelles mesures de restriction des contacts et des déplacements, et en particulier la mise en place d’un couvre-feu dans la plupart des grandes métropoles françaises.

Nous voici donc devant une nouvelle étape de nos vies « avec le virus ». Pourtant, en dépit ou à cause des mois écoulés depuis le déclenchement de la pandémie, un sentiment de désarroi nous saisit à nouveau. Alors que le confinement avait représenté une étrange expérience de suspension du temps, cette nouvelle situation d’exception s’inscrit dans un temps impossible à circonscrire.

Ces restrictions sonnent comme un verdict. La confiance réciproque entre citoyens et gouvernements dans la mobilisation sanitaire a fait défaut, ou n’a pas suffi. Le virus nous rattrape et nous saisit dans ce qui définit notre modernité, à savoir nos mobilités et l’intensité de nos interactions avec d’autres. La vie normale que nous entendions reprendre à la sortie du confinement est singulièrement amputée, réduite au travail et à la vie de famille la plus restreinte.

Le terme de couvre-feu évoque aussi des époques lointaines, où la nuit avait encore le pouvoir de clore le jour et, avec lui, l’activité humaine. Mais cette dernière n’a cessé d’avancer, jusqu’à faire de la nuit une scène à part entière de notre vie sociale, que nous dédions le plus souvent à l’échange amical, la vie culturelle, le divertissement, autant de dimensions qui nourrissent la vie démocratique. C’est sur cette scène que les lumières, provisoirement, s’éteignent.

La rédaction

Le confinement et la question du monde

Véronique Nahoum-Grappe > Lire

Sortir et aller boire un verre sur une terrasse de café est devenu la séquence emblématique de toute ces libertés mineures de mouvement, caractéristiques de notre présent, et auxquelles nous ne savions pas à quel point nous tenons. Le virus nous touche là, au cœur de notre différence d’avec les sociétés de jadis.

Les dimensions de la confiance

Roberto Frega > Lire

La démocratie repose sur la confiance. En particulier, en contexte de crise sanitaire, sur la confiance des élites politiques dans la volonté et la capacité des citoyens de suivre les règles de la vie sociale. Le confinement trahit ainsi un manque de confiance démocratique.

Habiter la nuit urbaine

Luc Gwiazdzinski > Lire

La nuit urbaine n’est plus la période d’obscurité complète symbolisée autrefois par le couvre-feu, la fermeture des portes de la cité et le repos social. Dans les métropoles soumises au temps continu de l’économie et des réseaux, une partie de la vie sociale et économique reste désormais en éveil. Aussi la nuit a-t-elle beaucoup de choses à dire au jour.

Abonnez-vous ou abonnez un proche.
L’indépendance d’Esprit, c’est grâce à vous !

Abonnement 100% numérique : 1€ le premier mois, puis 7,50€/mois

Abonnement intégral : 12€/mois

 

Je m’abonne dès 1€

Copyright © 2020 Revue Esprit, All rights reserved.
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en cliquant ici
Esprit