Revue Esprit
Vendredi 23 octobre 2020

Questions européennes

L’Allemagne célébrait le 3 octobre 2020 l'anniversaire de sa réunification. Il y a trente ans, cet événement avait entraîné un approfondissement de la construction européenne. Hasard de l’histoire, en cet anniversaire, une nouvelle ambition européenne émerge, l’Allemagne ayant accepté pour la première fois un principe de solidarité financière entre les États membres.

Dans un article paru en septembre en Allemagne et traduit pour Esprit, le philosophe Jürgen Habermas s’interroge sur les raisons de ce changement de cap, qu'il situe moins dans les défis auxquels l’Union européenne fait face que dans l’inquiétude suscitée par la résurgence d’une extrême droite nationaliste et xénophobe en Allemagne, révélatrice d'un rapport différencié à l’héritage du nazisme à l'Est et à l'Ouest. Cette publication est l’occasion de revenir sur le parcours d'un infatigable penseur de la question européenne, auquel nous avions consacré un dossier à l’été 2015.

Les réflexions actuelles de Habermas font écho à celles que formulait Hannah Arendt dès 1949, lors de son premier retour en Allemagne. Concluant que ce qu’elle observait ne relevait pas d’un problème strictement allemand, mais des conséquences du totalitarisme qui « arrache jusqu’aux racines », elle soulignait que « comme tous les autres problèmes européens, cette question ne pourrait se résoudre qu’au sein d’une Europe fédérée ». À près de soixante-dix ans d’écart, deux grands philosophes nous rappellents que c'est peut-être en Europe que se joue l'avenir politique de nos démocraties.

La rédaction

La seconde chance. L’unité européenne trente ans après la réunification allemande

Jürgen Habermas > Lire

Derrière les raisons économiques invoquées par l’Allemagne pour justifier le changement d’approche dans sa politique européenne, Habermas pointe une réalité politique nouvelle : la percée de l’AfD, et le retour qu’elle impose sur l’histoire de la République fédérale d’Allemagne et de la République démocratique allemande dans leur rapport au nazisme, avant et après la réunification.

Une ambition philosophique par gros temps

Michaël Fœssel > Lire

Habermas est sans doute le dernier philosophe à avoir inlassablement interrogé le monde à partir des figures de la rationalité qu’il met en œuvre. Il a tenu bon sur le fait que la raison est réelle : le seul moyen de saisir les promesses et les impasses du présent consiste à déceler les formes de rationalité dont il est issu.

Retour en Allemagne après le nazisme

Hannah Arendt > Lire

En 1949, retournant pour la première fois en Allemagne après la guerre, Hannah Arendt dresse un constat inquiet, sur l’échec des trois moyens employés par les Alliés pour résoudre les problèmes moraux, économiques et politiques de l’Allemagne : la dénazification, la libre entreprise et le fédéralisme.

L'Europe contre la haine

Carolin Emcke > Lire

L’ancienne étudiante de Habermas et correspondante de guerre Carolin Emcke étudie les mécanismes de haine à l’œuvre dans les sociétés européennes. À la recherche d’une nouvelle sensibilité, elle montre que l’Europe est pourtant un lieu d’apprentissage de la diversité.

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