Revue Esprit
Vendredi 6 novembre 2020

L'épreuve du terrorisme

Après l’assassinat de Samuel Paty, l’attentat de Nice et celui de Vienne, nos sociétés se trouvent de nouveau aux prises avec une vague d’attentats terroristes commis au nom de l’islam. Ces événements tragiques viennent appuyer sur des points qui, bien que douloureux de longue date, pourraient devenir des fractures pour nos démocraties, déjà fragilisées par le contexte sanitaire.

En France en particulier, ils ont ouvert un débat miné par de nombreuses confusions, auxquelles l’islamisme a servi de dénominateur commun : liberté d’expression, laïcité, régulation des réseaux sociaux ou lutte antiterroriste… Il n’a pas fallu longtemps pour que la surenchère sécuritaire prenne le relais, de l’appel à priver de droits les « ennemis du droit », jusqu'au souhait de se doter d’un « Guantanamo à la française ». Pour mieux lutter contre le terrorisme, faudrait-il  renoncer de nous-mêmes à la vie démocratique et à l’État de droit ?

Le terrorisme contemporain est le propre d’une violence mondialisée, qui pointe l’ambiguïté de l’ouverture du monde et un possible retournement de la mondialisation contre elle-même. Ce n’est pas verser dans la « culture de l’excuse » que de souligner la très grande jeunesse de la plupart des assaillants, à peine sortis de l’adolescence – cet âge propre aux démocraties libérales, où l’individu doit s'instituer lui-même pour accéder à sa pleine liberté. À cet égard, le terrorisme n’est pas une menace extérieure, réductible à un combat entre « eux et nous », mais bien une réalité qui nous concerne tous.

La rédaction

Après le choc. De Charlie Hebdo à Conflans-Sainte-Honorine

Joël Hubrecht > Lire

L'escalade de réactions politiques au meurtre barbare de Samuel Paty ne nous aide malheureusement pas à mieux comprendre, pour mieux la combattre, une nouvelle vague d'attaques terroristes perpétrées par des individus apparemment isolés, liés à des mouvances islamistes sans appartenir pour autant à des réseaux identifiés. Il y a pourtant urgence à renforcer cette lutte, sans renoncer aux droits et libertés de nos sociétés démocratiques.

Notre anxiété. Attentats terroristes sur fond d’épidémie

Véronique Nahoum-Grappe > Lire

Avec le confinement décidé le 28 octobre et le crime de Nice le 29 octobre, deux sphères d’émotions collectives, normalement disjointes, se sont croisées. Deux ennemis trop hétérogènes se dressent devant nous en même temps, dans un grand écart sémiologique entre le virus comme forme d’anxiété d’époque, et la violence obscène et rétrograde du tueur fanatisé.

La violence mondialisée

Antoine Garapon > Lire

Dans un numéro consacré aux attentats de 2015, Antoine Garapon revenait sur la nouvelle forme de violence que constituent les attentats terroristes, à la fois produite par la mondialisation et destructrice du monde. Avec elle, les frontières ne dessinent plus des territoires, mais séparent des personnes. Tout comme l’économie globale, le terrorisme déterritorialisé nous oblige à repenser le lien politique.

 

Démocratie, adolescence et djihadisme

Bertrand Mazabraud > Lire

Plutôt que d’enfermer et de « déradicaliser » les jeunes djihadistes, il faut entendre la question de confiance qu’ils posent à la démocratie. Dans le vide du pouvoir de la démocratie, l’adolescence est ce temps de crise où l’individu doit se produire lui-même. Il peut être séduit par l’imaginaire totalitaire du djihadisme et sa promesse d’une communauté.

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