Revue Esprit
Vendredi 4 décembre 2020

Les prix littéraires

La remise du prix Goncourt à Hervé Le Tellier pour L’Anomalie et du prix Renaudot à Marie-Hélène Lafon pour Histoire du fils a marqué, comme tous les ans, le point culminant de ce rituel français que sont les prix littéraires d’automne.

Entre l’affaire Matzneff, qui avait suscité de vives critiques à l’égard du jury du Renaudot, et le départ de Bernard Pivot et Virginie Despentes du jury du Goncourt, cette édition 2020 semblait placée sous le signe de la fragilisation. D’autant que la crise sanitaire et la fermeture des librairies en novembre avaient conduit à repousser la date de remise des prix, afin que la manne financière que représente chaque année les ventes des livres primés ne se déporte pas vers le commerce en ligne, au détriment des libraires. Est apparue de façon encore plus manifeste que d’habitude la double nature, souvent jugée paradoxale, des prix littéraires : consécration esthétique de la littérature et labellisation d’une marchandise culturelle.

En des temps où toute parole dite experte est volontiers contestée, les prix littéraires ne font pas exception. Mais les débats qui entourent leur légitimité sont en réalité aussi vieux qu’eux, ou presque. Dès 1950 dans Esprit, un article posait la question : « Faut-il supprimer les prix littéraires ? » Suspects de servir davantage les intérêts des maisons d’édition que l’accès du public à la littérature, ou de transformer l’écrivain en rouage de l’industrie culturelle, les prix littéraires en disent en réalité beaucoup sur le goût d’une époque et les débats qui la traversent. Ils nous rappellent surtout que la littérature, sous les multiples visages qu’elle a pris à travers les âges, reste une institution humaine.

La rédaction

Qui prescrit ?

Anne Dujin > Lire

L’autorité de la critique littéraire s’efface au profit de la recommandation entre pairs, notamment du fait d’Internet. Mais cette transformation s’inscrit dans une histoire sociale de la littérature, dont les lecteurs sont aussi des acteurs.

Faut-il supprimer les prix littéraires ?

Gabriel Venaissin > Lire

Face aux attaques de Julien Gracq contre les prix littéraires, Gabriel Venaissin défend une institution « qui a les défauts de ses qualités », à une époque où l’écrivain maudit est une espèce disparue.

Jean Cayrol, Prix Renaudot

Bertrand d’Astorg et Pierre Debray > Lire

Deux critiques réagissent à Je vivrai l’amour des autres, roman qui raconte la conversion de l’expérience de la nausée et de la solitude à celle de l’amour des autres. L’occasion aussi de saluer « les esprits libres » du Renaudot et de tacler « les contradictions de la bourgeoisie » reflétées dans l’académie Goncourt.

Prix du roman d'écologie

Dalibor Frioux > Lire

Dalibor Frioux, cofondateur avec Lucile Schmid du Prix du roman d’écologie (PRE) qui a tenu en 2020 sa troisième édition explique les motivations qui ont présidé à la création de ce prix. Parmi elles, la conviction que « la littérature, la fiction peuvent aider à prévenir l’aigreur, le dépit, la frustration, peuvent aider à faire provision d’humanité en prévision de temps difficiles. »

Abonnez-vous ou abonnez un proche.
L’indépendance d’Esprit, c’est grâce à vous !

Abonnement 100% numérique : 1€ le premier mois, puis 7,50€/mois

Abonnement intégral : 12€/mois


(S')offrir Esprit

Copyright © 2020 Revue Esprit, All rights reserved.
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en cliquant ici
Esprit