Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Primo Levi ou la tragédie d’un optimiste de Myriam Anissimov

juin 2022

En 1987, Primo Levi mettait fin à ses jours en se jetant dans l’escalier de l’immeuble qui l’avait vu naître en 1919. Moins de dix ans après, en 1996, Myriam Anissimov publiait la première biographie consacrée à l’auteur de Si c’est un homme, rééditée cette année dans une version actualisée. M. Anissimov s’appuyait notamment sur le recueil de témoignages de premier ordre des proches de l’écrivain et chimiste turinois.

Dans cette biographie, elle revient longuement sur son œuvre la plus connue et sur les qualités de l’écrivain : « le témoin intègre, le procureur calme et précis, qui en appelle à chaque lecteur pour la reconnaissance des crimes qui furent commis, et leur sanction, pas plus, pas moins ». À cela s’ajoutent sa formation scientifique et sa nationalité italienne, très minoritaire au sein des prisonniers, qui firent de lui un excellent observateur de son Lager, qu’il considérait comme son « université ». Plus largement, l’œuvre de Levi peut se lire comme une réflexion sur le bien et le mal, sans aucun manichéisme, l’auteur consacrant de nombreux développements à ce qu’il appela la « zone grise ». Même si Levi estime que les déportés se transforment à jamais en victimes, ses livres sont aussi marqués par la culpabilité du survivant. Levi pense que les disparus auraient été les plus légitimes pour témoigner, tout en étant les meilleurs sur le plan moral. Pour autant, toute la vie de l’écrivain est guidée par le bes

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Points, 2022
896 p. 9,90 €

Benjamin Caraco

Docteur en histoire et conservateur des bibliothèques, Benjamin Caraco est chercheur associé au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (UMR 8058) et coordonne la rédaction du site Nonfiction.

Dans le même numéro

La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.