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Notes de lecture

Dans le même numéro

Simples militants. Comment les partis démobilisent les classes populaires de Raphaël Challier

octobre 2021

Tel est le mérite de cet ouvrage : nous faire réfléchir sur le fait que c’est à la racine, dans leur façon même de faire de la politique et de lutter pour des postes électoraux, que les partis favorisent la désaffection des classes populaires.

On sait la désaffection des classes populaires vis-à-vis de la politique, notamment par rapport au vote, et que celles-ci ne votent pas de la même façon que les classes supérieures. On sait moins la façon dont cette attitude peut affecter l’engagement militant des classes populaires, et les reléguer à la marge des partis organisés, parce qu’elles ne correspondent pas à la façon dont les partis veulent se présenter et n’ont pas les codes de la politique institutionnelle. Raphaël Challier montre ainsi comment les hiérarchies sociales se maintiennent dans les organisations politiques, et ce au travers d’une relégation des militants d’origine populaire à des tâches subalternes, de collage d’affiche ou de recrutement dans leur propre milieu, loin des enjeux de pouvoir des instances centrales. Ceux-ci tentent en retour d’affirmer la valeur de leur identité et de leurs façons de faire face au rejet dont elles peuvent faire l’objet. Il s’agit donc d’étudier la manière dont les tensions sociales, voire les luttes de classe, existent dans les partis politiques.

L’auteur prend trois exemples : les militants de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en banlieue parisienne de gauche en voie de gentrification (Granin), les militants du Rassemblement national (RN) dans un bourg lorrain, et les membres d’un groupe local des Jeunesses communistes (JC) à Vigny, également en banlieue parisienne. Comment un militantisme populaire peut-il se maintenir dans un parti censé rassembler l

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Presses universitaires de France, 2021
384 p. 21 €

Xenophon Tenezakis

Professeur agrégé en philosophie, Xenophon, Tenezakis est doctorant en philosophie politique à l'Université Paris Est Créteil.

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.