Étude d’homme nu à mi-corps, le bras tendu (Ary Renan, 2016)
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Le retour du corps refoulé

Dans une société où tout se dématérialise, les corps sont de moins en moins bien représentés. Avec la pandémie de Covid-19, ils sont soudainement plus présents que jamais. 

Lorsque l’on tente de résumer la façon dont est perçue la crise de Covid-19 dans le discours public, un constat s’impose de façon particulièrement frappante : le corps est omniprésent. Où que l’on regarde, il est question du corps biologique dont le virus nous rappelle l’existence, de ce corps qui appartient au monde matériel « régi par la biologie et la physique », que « nous avions apparemment banni et qui envahit soudainement notre vie1 ». Il est aussi question du corps de l’humanité, au sens d’un « continuum ultime entre les différents corps2 » qui, en même temps, lie notre destin à celui de la nature. Enfin, il est question du corps social, selon des propos très variés, parfois contradictoires. Tantôt, il est censé connaître une renaissance : ainsi lit-on que le virus nous rappellerait nos « liens familiaux, locaux, nationaux3 ». Tantôt, il est considéré comme menacé par les mesures de distanciati

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