Gravure de Benjamin Smith (1797) inspirée d’une peinture de George Romney, illustrant la première scène de La Tempête de Shakespeare.
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Le Brexit, l’Europe et le piège de Tocqueville

L’Europe serait malavisée de se rengorger du discrédit britannique. Le continent fait face à des polarisations très similaires, dont il rechigne à remarquer les symptômes.

Le 29 mars 2019 devait sonner le glas de « l’ingérence » de Bruxelles dans les affaires intérieures du Royaume-Uni. À deux mois de périlleuses élections européennes, le pays n’est pourtant toujours pas parvenu à s’extraire du dédale politique dans lequel il s’est peu à peu perdu. Pis, Theresa May a dû annoncer qu’elle quitterait son poste pour tenter de faire passer l’accord, deux ans après avoir activé le compte à rebours du Brexit de sa propre initiative. L’Independence Day qui faisait fantasmer les Brexiters et devait libérer le pays s’est abîmé dans la lassitude et le ressentiment.

Les saccades qui secouent la nation britannique depuis des mois y auront changé si peu de choses : la classe politique britannique a vu se refermer sur elle-même le piège implacable d’un Brexit qu’elle avait pourtant imaginé. La Première ministre a eu beau jeu de prendre son peuple à témoin la semaine passée pour accabler un Parlement national dont elle tire pourtant sa légitimité. Elle n’a fait qu’entériner ainsi les difficultés d’un système politique dont les vénérables institutions auront, une à une, échoué à traiter le problème.

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