Photo : Marcus Castro
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Contre la vie appauvrie

novembre 2017

Les précaires – le jeune qui n’est pas « rangé », l’artiste dont on ignore le travail, le « travailleur pauvre », la mère isolée qui multiplie les ménages… – vivent dans un entre-deux, ni exclus, ni inclus, soumis aux aléas de l’époque. La précarité devient la marque de notre modernité, avec la systématisation des risques de désaffiliation sociale (rupture familiale, isolement, perte d’emploi, contrat court et temps partiel subis, désœuvrement et dévalorisation sociale, chute des revenus, exclusion du logement, etc.), leur plus grande diversité (risques environnementaux, numériques, etc.), leur fréquence accrue au fil d’une même trajectoire de vie et une plus grande magnitude des difficultés quand ces risques se matérialisent. Rompant avec un siècle de structuration du corps social autour de l’émancipation individuelle et de la création d’assurances collectives, la démocratisation de la précarité constitue une victoire conservatrice.

Précariser

Depuis un peu plus de trente ans, le primat de l’efficacité concurrentielle s’est imposé à tous, débordant la seule sphère économique. L’équilibre assurance-émancipation en est déstabilisé. Des droits

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ANGOTTI Matthieu

PRADY Delphine

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« Une vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes » : la célèbre formule par laquelle Paul Ricœur définit la « visée éthique » autorise de libres prolongements qui sont proposés dans ce dossier coordonné par Jean-Louis Schlegel. La justice réduite aux revendications égalitaires n’équivaut pas encore à l’expérience du bon.