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Le conservatisme de Boris Johnson

En s’identifiant au passé impérial du Royaume-Uni, Boris Johnson renoue avec le conservatisme de la fin du XIXe siècle, qui voit dans le libre-échange une manière de favoriser la paix et la permanence de la puissance britannique.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le conservatisme britannique a suivi deux directions principales. Jusque dans les années 1970, les tories sont restés plutôt fidèles à la doctrine one-nation que l’on attribue traditionnellement à Disraeli. Pour l’ancien Premier ministre de la reine Victoria, les conservateurs ne devaient pas nier les méfaits de la révolution industrielle sur les classes laborieuses. Les plus aisés avaient donc une obligation morale de leur venir en aide en vertu d’un sentiment assez paternaliste. Le but était de préserver la stabilité sociale et l’ordre public. Avec les conflits mondiaux, les conservateurs ont ensuite soutenu un certain degré d’intervention de l’État afin de pallier les carences de l’initiative privée. Ils ont promu dès 1944 un National Health Service avant que les travaillistes (qui en avaient eu l’idée) ne le concrétisent. La perception « disraélienne » n’est, toutefois, pas progressiste. Elle ne vise pas à remettre en cause la hiérarchisation de la société, les traditions politiques et l’Empire.

À partir des années 1975, c’est une nouvelle déclinaison du conservatisme qui émerge avec Margaret Thatcher. Elle promeut une approche néolib&eac

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Aurélien Antoine

Professeur des universités, spécialiste du droit britannique, il est l'auteur de Droit constitutionnel britannique (LGDJ, 2016). Il a fondé et dirige l'Observatoire du Brexit (brexit.hypotheses.org), une plate-forme scientifique ayant pour but de suivre et d'expliquer en continu le processus de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

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L’anthropologie du don de Marcel Hénaff, ainsi que son éthique de l’altérité et sa politique de la reconnaissance, permettent de penser les limites de la marchandisation, le lien entre les générations et les transformations urbaines. À lire aussi dans ce numéro : l’image selon Georges Didi-Huberman, l’enseignement de la littérature, la neuropédagogie, l’invention de l’hindouisme, l’urgence écologique et la forme poétique de Christian Prigent.