Manifestation contre le coup d'État militaire à Rangoun, en février 2021 | Photo : Gayatri Malhotra via Unsplash
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Birmanie : coup de grâce pour la Constitution ?

Le coup d’État militaire survenu en Birmanie en février 2021 a suscité un important mouvement de désobéissance civile et de protestations qui, malgré une violente répression, ne faiblit pas. La fracture entre le pouvoir et les aspirations démocratiques du peuple semble aujourd’hui avoir atteint un point de non-retour.

En Birmanie, la nouvelle du coup d’État du chef de l’état-major militaire, Min Aung Hlaing, est tombée au matin du 1er février 2021 comme un coup de massue. Le jour même, devait se réunir à Naypyidaw, la capitale administrative du pays, l’assemblée législative élue le 8 novembre 2020, pour former le gouvernement de la nouvelle mandature. Les chars ont été déployés sur les larges avenues, les principales figures politiques inculpées et arrêtées sous des prétextes futiles (notamment la conseillère d’État, Aung San Suu Kyi, et le président, Win Myint), tandis que les autres députés étaient assignés à domicile. Un coup d’État sans coup férir, donc, au moins dans un premier temps. L’état d’urgence est alors déclaré pour un an par le vice-président issu des rangs militaires et le pouvoir remis à Min Aung Hlaing. Un gouvernement d’exception est formé, le State Administration Council (SAC), ne devant gérer les affaires que pour l’année à venir et annonçant à terme la tenue de nouvelles élections. Un coup d’État qui ne dit pas son nom et avance sous couvert de légalisme – il repose en effet sur l’ac

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Bénédicte Brac de la Perrière

Chercheuse au Centre Asie du Sud-Est du CNRS/EHESS.

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.