Dans le même numéro

Le numérique empêche-t-il de penser ? Bernard Stiegler

Quel est l’impact des nouvelles technologies sur la mémoire et sur l’attention ? Plutôt que de déplorer la « perte » de la mémoire et le risque de dispersion de la pensée induits par le numérique, mieux vaut s’attacher à reconstruire une philosophie et une politique de l’attention fondées sur ces nouveaux outils, qui prennent en compte leur dimension potentiellement toxique mais construisent également une thérapeutique de ces techniques.

Esprit – Partons de la distinction que vous reprenez de Platon entre deux types de mémoires : la mémoire comme ressouvenir qui donne accès à la connaissance (anamnèse) et la mémoire comme technique pour soutenir l’art rhétorique des sophistes (hypomnèse). Aujourd’hui, la technologie vous apparaît comme toujours plus puissante dans sa capacité à seconder la mémoire, elle étend notre mémoire à travers des objets technologiques, elle est une « mnémotechnologie ». En quoi est-ce un problème ? Le fait de se reposer sur des techniques qui viennent soutenir notre mémoire ne libère-t-il pas nos facultés mentales pour être plus créatifs, plus imaginatifs ?

Bernard Stiegler

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !