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L'écologie politique existe-t-elle ?

janv./févr. 2018

#Divers

En novembre 2017, un manifeste, signé par plus de quinze mille scientifiques, a attiré l’attention sur l’état de la planète, l’ampleur des détériorations qui l’affectent et la nécessité pour l’humanité entière de changer de comportement afin d’éviter la catastrophe menaçante1. Vingt-cinq ans plus tôt, en 1992, une mise en garde du même genre, signée de nombreux Prix Nobel, avait souligné l’urgence de l’action : « Si nous voulons éviter de grandes misères humaines, il est indispensable d’opérer un changement profond dans notre gestion de la Terre et de la vie qu’elle recèle2. » Déjà en 1971, dans l’appel de Milan (publié dans toutes les langues du monde par le bulletin de l’Unesco), « 2 200 savants » lançaient le même type d’avertissement à la population mondiale de l’époque, les « trois milliards et demi de Terriens3 ». Dans cette succession d’appels, les scientifiques ne servent pas seulement de lanceurs d’alerte, ils présentent aussi un diagnostic de l’état de la planète et proposent une série de mesures pour corriger la situation. Mais quel que soit l’appui scientifique de ces mesures, elles font appel aux

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Catherine Larrère

Catherine Larrère née le 24 août est une philosophe et professeure de philosophie émérite française. Elle est spécialiste de la pensée de Montesquieu et de l’éthique de l’environnement. Elle a écrit plusieurs ouvrages dont Les inégalités environnementales (2017, PUF).

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