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Photo : NordWood Themes via Unsplash
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La concurrence algorithmique. Logique des mobilisations en ligne

La mobilisation en ligne n’a rien d’un phénomène spontané. Au contraire, elle résulte d’un travail de fidélisation mené par des réseaux préconstitués. Loin de donner une image neutre de l’engagement sur Internet, elle dépend de la capacité des forces politiques à jouer du fonctionnement des algorithmes.

Internet, et plus particulièrement les réseaux socionumériques comme Facebook ou Twitter, sont des espaces d’expression publique favorables à l’émergence de grands mouvements d’opinion en dehors des institutions traditionnelles. On ne compte plus les exemples de mobilisation autour de mots-clés comme #MeToo pour dénoncer les violences faites aux femmes ou les pétitions en ligne qui atteignent un nombre important de signatures, à l’image de celle qui avait demandé l’abrogation de la loi travail, dite loi El Khomri, soutenue par plus de 1, 3 million de personnes. Comprendre les transformations de la culture du débat public sous l’impulsion des technologies de communication numériques implique d’interroger les conditions d’émergence de ces mouvements. Comment parviennent-ils à s’imposer dans l’espace public ? Quelles sont les conditions à réunir pour assurer le succès d’une mobilisation à grande échelle ?

Contrairement aux idées reçues, les mobilisations en ligne ne sont pas « naturelles » et doivent s’adapter aux contraintes spécifiques de l’espace public numérique pour exister. Les imaginaires accompagnant les technologies numériques ont longtemps laissé penser que ces outils étaient capables de baisser le coût d’entrée dans les mobilisations en facilitant l’accès direct à l’espace public pour les citoyens. Pourtant, celles que nous voyons s’imposer dans le paysage sont d’abord celles qui ont le mieux réussi à intégrer les règles particulières de l’

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Clément Mabi

Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de technologie de Compiègne, chercheur au sein du laboratoire CosTech, Clément Mabi a notamment dirigé, avec Jean-Christophe Plantin et Laurence Monnoyer-Smith, Ouvrir, partager, réutiliser (Maison des sciences de l’homme, 2017).

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L’essor sans précédent d’Internet et des nouvelles technologies de l’information a transformé en profondeur le rapport des citoyens à la participation civique. Si elle a permis des progrès incontestables, cette révolution numérique pose également des défis pour la préservation du débat en démocratie. Le bouleversement introduit par le numérique dans la délibération publique semble en effet remettre en cause les exigences traditionnellement associées au débat démocratique, comme l’égalité d’accès, le contrôle public des instances de modération, la fiabilité de l’information ou le pluralisme des courants d’expression. Quelles stratégies adopter pour faire face aux dérives qui touchent aujourd’hui le débat sur Internet ? Le dossier, coordonné par Romain Badouard et Charles Girard, examine la propagation des fausses nouvelles, la mobilisation de nouveaux publics, les pouvoirs de régulations privés et la déstabilisation des cadres juridiques. À lire aussi dans ce numéro : le naufrage moral de l’Église, qui sont les talibans ?, gouverner la pandémie et une rencontre avec Pierre Bergounioux.