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© Assemblée nationale
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Pour une troisième gauche

Parce qu’un effacement durable de la gauche de notre paysage politique serait dangereux au plan démocratique, social et écologique, Dominique Potier en appelle à la fondation d’une « troisième gauche », capable de lever la défiance populaire et de la jeunesse à l’égard des institutions politiques.

La gauche a longtemps été dans notre imaginaire cette « petite sœur espérance » dont Péguy disait qu’elle aimait ce qui n’est pas encore et que sur la route interminable, elle seule nous porterait pour traverser les mondes révolus. Son effacement durable de notre paysage politique serait d’abord une mauvaise nouvelle pour la démocratie. C’est, en effet, la clarté du débat politique qui, telles les rives du fleuve, lui donne sa force. Les limites géographiques de celles-ci peuvent évoluer, des eaux profondes relier des courants de pensée au-delà des lignes partisanes, des passerelles se tendre ici et là, mais lorsque les rives s’effondrent, nous prenons le risque de faire du fleuve un marécage.

Un trop long effacement serait également une mauvaise nouvelle pour notre société et pour la planète : il nous priverait de la longue expérience des régulations qui, nées de la tradition sociale-démocrate, ont contribué à donner un sens humain aux mutations contemporaines. Celle, sociale, de la fin de la paysannerie et de la condition ouvrière à l’aube du xxe siècle et celle, après-guerre, de l’État-nation dans le triple mouvement de la construction européenne, de la décolonisation et de la décentralisation.

Si nous mesurons aujourd’hui la grande fatigue d’une démocratie que le choc de la pandémie n’a pas permis de ranimer, nous pouvons aussi discerner les signes de renaissances culturelles. Notre horizon est bouleversé

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Dominique Potier

Député socialiste de la 5ème circonscription de Meurthe et Moselle, président d'Esprit civique.

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.