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La déflation administrative

S’il n’existe pas de «leçons de l’histoire», rien n’interdit de puiser quelques idées dans le réservoir d’expériences que constitue le passé. Mais encore faut-il assumer jusqu’au bout les parallèles mobilisés.

Ainsi, concernant la Fonction publique, le gouvernement actuel n’hésite pas à recourir à l’histoire pour justifier ses réformes. Le 30 octobre 2018, ­Dominique Albertini relevait dans Libération une déclaration du Premier ministre selon laquelle la réforme de l’État ne viserait rien de moins qu’à «conjurer la possibilité d’un affaissement». Réductions d’effectifs et recours privilégié au contrat sont ainsi élevés par Édouard Philippe en rempart pour faire face à ces «moments terrifiants où un pays se délite: c’est évidemment ce qui s’est passé en 1940[1]». Prenons l’assertion au sérieux et observons les mesures affectant la Fonction publique dans les années qui précédèrent la

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Émilien Ruiz

Maitre de conférences en histoire contemporaine et humanités numériques, Émilien Ruiz est également Assistant Professeur en histoire numérique au Département et Centre d'histoire de Sciences Po. 

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.