Photo : Toa Heftiba (détail)
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Imaginer de nouvelles solidarités. Entretien avec François Dubet

Dans votre livre La Préférence pour l’inégalité[1], vous posez -l’hypothèse qu’il faut, pour désirer l’égalité, qu’existent des formes de solidarité de fait. Pour que l’objectif d’égalité, qui exige des sacrifices, soit acceptable, il faut être lié par un sentiment de solidarité. Or cette solidarité suppose une représentation commune qui manque aujourd’hui, ce qui fragilise le projet d’égalité. Comment cette représentation a-t-elle changé ?

Dans le triptyque républicain, l’égalité et la liberté sont plus largement mobilisées et commentées que ne l’est la fraternité. Avec sa connotation imaginaire, sentimentale et religieuse – «nous sommes frères et sœurs car enfants du même Dieu» – la fraternité pose plus de problèmes à la gauche et aux intellectuels, bien que les intellectuels de l’identité ne soient plus une minorité. Or, sans cette fraternité, il n’y a pas d’égalité sociale possible puisque, sans fraternité, on n’accepte pas de sacrifices en faveur de l’égalité

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François Dubet

Sociologue, professeur émérite à l'université de Bordeaux, il a récemment publié Trois Jeunesses. La révolte, la galère, l'émeute (Le Bord de l'eau, 2018).

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Alors que l’efficacité des aides sociales est aujourd’hui contestée, ce dossier coordonné par Anne Dujin s’interroge sur le recul de nos idéaux de justice sociale, réduite à l’égalité des chances, et esquisse des voies de refondation de la solidarité, en prêtant une attention particulière aux représentations des inégalités au cinéma et dans la littérature.